Abdelmoumin, l’homme qui a réunifié le Maghreb

Introduction

Cet article a pour but de souligner la vision politique d’un homme Maghrébin d’exception.

Ce mouvement qu’il a pu mettre en place, avec son mentor Ibn Tourmet et ses alliés, reste pour nous, encore aujourd’hui un exemple à suivre sur certains points.

Nous nous concentrerons ici à parler de la vision politique de ce mouvement et non de la vision religieuse qui l’accompagnait car celle-ci, présentait certaines limites.

Toutefois ces hommes ont toujours allié l’Islam au coeur de leur combat politique, comme leurs prédécesseurs Almoravides.

Ces derniers avaient posé les fondations solides qui ont permis à Abdelmoumin de réussir son oeuvre.

Nous parlons d’une époque où les Berbères du Maghreb étaient craint par les royaumes d’Europe et d’Orient.

Nous parlons d’une époque où les Musulmans Berbères faisaient parti des plus grandes nations du Monde.

Voici un aperçu de cette glorieuse histoire qui se situe au Moyen-Âge.

1- Tout commencera par une simple rencontre entre deux Hommes

Abdelmoumin est le fils d’un petit commerçant Zénète qui vit dans les Montagnes du Trara, dans l’Ouest algérien. Il naquît dans la petite ville de Nédroma (qui existe encore de nos jours).

Son père souhaite que son fils apprennent sa religion. C’est pourquoi il l’enverra à Tlemcen étudier les sciences islamiques. Son intelligence et sa faculté à assimiler rapidement vont le faire remarquer par ses professeurs qui lui conseilleront d’aller poursuivre son cursus dans la grande capitale du Califat d’Orient des Abbassides : Baghdad.

À cette époque et depuis plus de trois siècles, le Maghreb est totalement indépendant et dirigé par les Califats Almoravides et Hammamides.

Abdelmoumin n’atteindra jamais Baghdad. En effet, sur sa route il rencontrera un homme dénommé Ibn Tourmet. Ce dernier est originaire de Tinmel dans le Maroc actuel. Il est Masmouda de l’Atlas.

Plus âgé, il a étudié à Cordoue et Baghdad.

Bien que sunnite et attaché à la Sunna, il prêche un islam qui diffère sur certains points de l’Islam Orthodoxe défendu par les Almoravides. Cela lui vaudra d’être expulsé de Bejaïa et combattu par les autorités.

Ibn Tourmet considèrent, sans doute à tort, les Almoravides comme décadent et il cherche sans succès à faire triompher sa vision des choses.

En rencontrant le jeune et fougueux Abdelmoumin, il va réussir son pari audacieux.

 

2- Le début de la prédication

Ibn Tourmet va expliquer le Coran en Amazigh et écrire pour ses disciples des petits livres pour présenter sa doctrine.

Il va également s’appuyer sur le système tribal des Berbères pour augmenter sa popularité : il commencera par sa tribu dans la région de l’Atlas.

Son organisation va s’appuyer sur une discipline des plus stricte avec des niveaux hiérarchiques très précis.

Même dans les batailles, la place de chaque soldat était définie à l’avance et tout manquement était lourdement sanctionné.

La langue Amazigh sera promue et défendue comme langue principale au côté de l’Arabe qui reste la langue du Coran. Les prêches se feront en Tamazight tout comme la propagande. À cette époque l’Arabe n’est parlé que par une petite élite. Ibn Tourmet vise les masses et les atteint rapidement.

Ce dernier mourra avant de voir son rêve réalisé. Peu importe, ses disciples sont déjà organisés et rangés derrière Abdelmoumin.

 

3- La prise du pouvoir d’Abdelmoumen et du mouvement Almohade

Il s’agit de la partie sombre des Almohades, mais que nous devons vous relater par soucis de transparence.

À cette époque deux tiers du Maghreb est gouverné par les Almoravides qui ont réussi à prendre l’Espagne et le Portugal et à stoper la Reconquista. Ces derniers pratiquent un Islam Orthodoxe.

Mais pour Abdelmoumen et ses hommes, les Almoravides sont trop décadants. Ils vont donc choisir de les attaquer par la force.

Ils réussiront à prendre la capitale de l’Empire, Marrakech, en 1147. Abdelmoumin va massacrer un grand nombre d’habitants de Tlemcen qui avaient résisté longuement à son armée. La ville de Fès subira le même sort.

Le Calif Almoravides mourra et son héritier, le jeune Ibrahim ibn Tachfine sera exécuté.

 

4- Le génie d’Abdelmoumin

Une fois son pouvoir consolidé, Abdelmoumin va profiter d’un concours de circonstance.

En effet, l’Est du Maghreb est en proie à des divisions internes. L’Ifriqiya (Tunisie actuelle) vient d’être attaquée par les redoutables Vikings qui ont déjà soumis et ravagés une grande partie de l’Europe de l’Ouest. Les musulmans de cette région viennent demander secours au Calif de Marrakech.

Au même moment, le centre de l’Algérie actuelle est en proie à des troubles. Des tribus Arabes, les Banu Hilal, prennent possessions par la force de ce territoire Amazigh.

L’heure pourrait sembler grave pour le nouveau Calif : il n’en est rien. La fougue d’Abdelmoumin va le pousser à régler la situation de façon frontale.

En effet, il mobilise une armée et marche sur Sétif pour affronter les Banu Hilal. La victoire sera éclatante. Cependant Abdelmoumin aime le travail bien fait. Il va poursuivre les Banu Hilal partout dans le centre de l’Algérie actuelle. Une deuxième bataille aura lieu à Bejaïa où les Arabes seront totalement évincés.

C’est à ce moment qu’il décide de s’occuper de la question des Vikings en Tunisie actuelle. D’abord à sa manière, en envoyant des courriers de menaces. Ensuite à sa manière encore, en mettant à exécution ses menaces : il marchera sur Sfax puis Tripoli pour écraser les Vikings.

Aucune armée au monde avait réussi non seulement à exterminer des contingents de soldats Vikings, mais aussi à briser leur moral. En effet, face à la dureté des armées Amazigh, les Vikings ne vont plus jamais tenter de revenir au Maghreb.

Enfin, Abdelmoumin va respecter son amour du travail bien fait. Étant lui même Berbère, il va décider de conquérir tout le reste de la Libye, terre historique des Amazigh.

Son Empire s’étend désormais du Portugal à la Libye. Personne dans l’histoire n’avait pu unifier tous les Berbères et même au-delà avec le Sud de l’Europe hormi nos ancêtres de Carthage.

 

5- Les vestiges d’Abdelmoumin

C’est lui qui va construire la ville fortifiée de Rabat et commencer à entreprendre la construction de somptueuses mosquées de style Mauresque. Son petit fils terminera l’édification de la mosquée Koutoubia de Marrakech.

La discipline et l’ordre régneront sur tout le Maghreb qui sera une puissance mondiale sur tous les plans.

 

6- Quels enseignements à tirer pour aujourd’hui ?

Aujourd’hui, pour tout Maghrébin normalement constitué, le constat sur notre situation est amer : nous sommes divisés en plusieurs pays qui sont, sur le plan international, faible et en retard.

Pas de quoi être nationaliste sur  nos pays.

Cette division en Etats est toute récente et ne correspond en rien à l’histoire des Amazigh qui se regroupent en tribus et en confédérations. L’islam a apporté au Maghreb la possibilité d’ajouter une nouvelle strate d’union qui dépassent les tribus et permet d’unifier tous les Berbères.

Les Almoravides et les Almohades en sont l’exemple.

L’Islam est donc le ciment du Maghreb Amazigh.

Comment aujourd’hui redevenir forts ?

En partant de rien, comme Abdelmoumin et Ibn Tourmet qui n’étaient que deux au départ. Mais qui ont conquis les masses avec un discours clair basé sur l’Islam, la Berbérité, la discipline, l’honneur, la justice et le sens du sacrifice…

Nos ancêtres nous ont montré le chemin, à nous de le suivre et de le dépasser.

Commençons par changer notre mentalité. Fuyons la victimisation et soyons conquérants.

 

Répondre:

Your email address will not be published.

Site Footer