La civilisation Carthaginoise ou lorsque le Maghreb rayonnait dans le monde

INTRODUCTION

L’objectif de notre article est de vous présenter l’une des plus grandes civilisations de l’histoire de l’Humanité, qui rayonnera sur le monde durant près de 700 ans.

Après celle des Pharaons Egyptiens de race Copte et cousins génétiques des Berbères, fondée vers l’an -3000 de notre ère et dont notre peuple a influencé la destinée avec des dynasties de Pharaons Amazigh (Cf. Sheshonq Ier), l’Afrique du Nord connu une autre brillante civilisation.

Celle-ci se manifestera sur tous les plans : militaire, économique, culturel, artistique, scientifique…

Elle prendra forme dans la Tunisie actuelle et plus précisément dans la ville de Carthage et s’étendra dans tous le Maghreb ainsi que dans le sud de l’Europe. Cet Empire et cette civilisation sont appelés par les historiens « Carthage » ou « civilisation Carthaginoise ».

Nous avons choisi de réaliser cet article afin de faire connaître aux Maghrébins non avertis leur glorieuse histoire car nous constatons que pour un grand nombre d’entre eux, le passé se limite à la colonisation Européenne et à la décolonisation. Même au Maghreb, l’histoire glorieuse de l’Antiquité n’est que très peu enseignée, voir pas du tout.

Cette méconnaissance peut avoir des conséquences terribles sur notre avenir ; car un peuple qui ne connait pas son passé, laissera d’autres le lui raconter et de façon mensongère, réductrice et rabaissante.

Nous le voyons déjà avec des personnalités comme l’israélite Eric Zemmour allant de plateaux en plateaux et affirmant sans aucun contradicteur que le peuple Berbère n’a subi que des colonisations au cours de son histoire.

Nous le voyons également avec la propagande de certains panarabistes qui pensent en partie la même chose et qui veulent nier toute Amazighité à l’histoire Maghrébine, à Carthage ou à la conquête de l’Espagne par Tariq U Zyad par exemple.

Enfin, nous le voyons également avec la propagande afrocentriste très présente aux Etats-Unis et qui diffuse dans le monde entier à travers Hollywood et Netflix des séries mensongères montrant les Maures d’Espagne, les Pharaons d’Egypte ou les Carthaginois comme des Subsahariens.

 

1- L’EMERGENCE DE CARTHAGE : LA LEGENDE

En l’an -814 de notre ère un groupe de Phéniciens originaire de Tyr dans le Liban actuel et emmené par la Reine Elyssa (aussi connue sous le nom de Didon), sœur du roi de Tyr, arrive en Tunisie actuelle et demande au roi Amazigh Hiarbas, l’autorisation de s’installer sur ses terres et d’en acheter une petite partie, sur la côte, afin de fonder sa Principauté (1) et (2).

Requête qui sera acceptée par le souverain.

Elyssa s’y installe avec quelques immigrés Phéniciens et nomme ses nouvelles terres Qart-Hadacht, ce qui signifie en Punique « Nouvelle Ville » et qui donnera le nom de Carthage (2).

Les Phéniciens sont un peuple de commerçants, originaires du Liban actuel et qui ont bâti une grande civilisation, grâce à leur qualité de navigateurs. A cette époque, on retrouve des cités et des ports Phéniciens un peu partout autour de la Méditerranée.

2- CARTHAGE : UN EMPIRE BERBERO-PUNIQUE

La naissance de l’Empire Carthaginois est la rencontre entre une communauté d’immigrés Phéniciens qui excellaient dans le commerce et des autochtones Berbères connu pour leur sens de l’honneur de la guerre.

L’historien et archéologue Tunisien M’hamed Hassine Fantar, spécialiste de la civilisation Carthaginoise, confirmera le caractère Berbéro-Punique de cet Empire Maghrébin en ces termes :

«Les Carthaginois ne sont pas seulement des Phéniciens venus s’installer à l’Ouest, comme on l’a souvent dit. Plusieurs données invitent à leur reconnaître une spécificité […] En réalité, la civilisation carthaginoise est le produit d’une hybridation. L’élément Phénicien s’est mélangé à l’élément autochtone, qui apparaît sous le nom de Libou (« les Libyens ») qui est le nom donné aux Berbères dans l’Antiquité. » (3)

De nombreuses découvertes archéologiques ont montré que l’impact des Amazigh dans le développement et l’expansion de Carthage fut considérable et dépassait l’aspect purement politique.

La population Amazigh était constituée de plusieurs centaines de milliers d’âmes, soit la majorité des Carthaginois ce qui a naturellement influencé la naissance de l’Empire (4).

La langue par exemple était une alliance entre le Punique des immigrés Phéniciens qui fera son apparition dans les grandes villes Maghrébines et le Tamazight qui continuera à être utilisé.

Toutefois, dans les villes où les populations Amazigh était très présente, le Punique subit son influence et s’altéra avec le Tamazight. La métropole Libyenne de Leptis Magna en est l’exemple le plus frappant (5).

La religion pratiquée au sein de l’Empire Maghrébin est également un mélange de divinités Berbères et Puniques ce qui montre le caractère particulier de Carthage. A aucun moment il a été question d’une conversion ou d’une propagation de la seule religion Phénicienne, comme certains osent l’affirmer.

Tout d’abord les sépultures analyser par les archéologues, sur des sites mortuaires en Tunisie et en Algérie sont toutes de rite Berbère et montrent l’influence des autochtones (6).

Ensuite, parmi les divinités adorées, les deux plus importantes sont la déesse Tanit et le faux dieu Baal Hammon.

Concernant Tanit, elle était considérée comme la déesse de la fertilité. On lui revendique une origine Berbère cependant cela n’est pas sûr dans la mesure où elle est vénérée par plusieurs peuples sémitique ou sémitisé : Levantins, Assyriens…

Il est intéressant de noter que les attributs donnés à Tanit sont exactement les mêmes que la déesse Berbère Neith adorée par les Amazigh et les Egyptiens.

Les Egyptiens reconnaissaient d’ailleurs l’origine Libyenne de cette déesse qui se serait au fil du temps installée dans le delta du Nil ; cela est même confirmé par les auteurs Grecs comme Platon (6).

La célèbre main de Fatma, appelée Tafust en Tamazight, vient de ces déesses de fertilité dont la main et parfois un triangle représentant la vulve, étaient utilisés pour protéger contre le mauvaise œil (7).

3- LA RUPTURE DEFINITIVE ENTRE CARTHAGE ET LES PHENICIENS

L’expansion de Carthage sur les côtes Occidentales de la Méditerranée dès le VIIe siècle avant notre ère et son développement réussi sur un territoire différent et lointain de la Phénicie, va provoquer un éloignement entre les deux entités. Mais c’est la défaite des Phéniciens face aux Empires Orientaux et notamment la conquête de Tyr par les Babyloniens en l’an -574, puis leur intégration dans l’Empire Perse vainqueur de Babylone, qui va entraîner leur disparition.

Carthage quant à elle, déjà indépendante et en pleine essor, continuera son développement sur le Maghreb. Des ports commerciaux seront édifiés jusqu’au Maroc, faisant de Carthage un Empire Maghrébin unifiant l’ensemble des Amazigh des côtes Méditerranéennes et Atlantiques (8).

Cette expansion va se prolonger en Europe du Sud et plus précisément en Sicile, en Sardaigne, en Corse et en Espagne.

Contrairement à ce que beaucoup pensent, les Maghrébins ont conquis l’Espagne à deux reprises (et non une seule fois, durant la période musulmane et l’épopée de Tariq U Zyad).

En l’an -237, le général Carthaginois Hamiclar Barca franchit avec son armée le détroit de Gibraltar et après d’âpres batailles dues à une forte résistance des Ibères, il prit possession de cette terre. Cette victoire permis à l’Empire Maghrébin d’obtenir des ressources considérables en métaux, en chevaux, en nourriture mais aussi en hommes (9).

Enfin, nous devons souligner que la particularité de Carthage réside dans son mode de fonctionnement.

En effet, malgré qu’il s’agisse d’un Empire territorial, il n’existe pas d’impérialisme au sens strict c’est-à-dire un pouvoir centralisé unique. Chaque ville dispose d’une certaine autonomie dans sa gestion et l’ensemble interagit comme une confédération de cités dépendantes les unes des autres.

La cité-mère de Carthage quant à elle, était chargée d’assurer la sécurité collective ainsi que la politique extérieur de cette communauté (10).

 

4- LES PILLIERS DE LA CIVILISATION CARTHAGINOISE

4.1 – La marine : les Berbéro-Puniques, plus grands navigateurs du monde

Bien avant les Vikings et les Conquistadors Espagnols ou Portugais, les Carthaginois dominaient les mers grâce à la technologie maritime de leurs vaisseaux et leur savoir-faire. Les Romains d’ailleurs imitaient leurs bateaux pour constituer leur marine de guerre.

L’Empire Maghrébin disposait des meilleurs ingénieurs, ce qui lui permettait de réaliser des innovations constantes et donc de créer plusieurs types de navires en fonction de leur finalité militaire ou marchande (11).

Un grand nombre d’explorateurs Carthaginois vont à cette époque réaliser des prouesses encore jamais réalisées.

Hannon par exemple, partira avec une flotte de Gadès en Tunisie actuelle, jusqu’au golfe de Guinée. Un autre navigateur, Himiclon, conduira une flotte Carthaginoise vers la Grande-Bretagne. C’est ce que relate l’historien et géographe Grec Hérodote dans le volume IV de l’ouvrage « l’Enquête », chapitre «Melpomène».

Beaucoup d’entre nous connaissent les noms des navigateurs Européens tels que Christophe Colomb ou Magellan mais ignorent malheureusement leurs précurseurs et ancêtres du Maghreb.

4.2 – L’armée

A leur arrivée à Carthage, les Phéniciens n’avaient pas basés leur civilisation sur l’art de la guerre mais plus sur le commerce.

Lorsque Carthage grandira, sa défense se posera inévitablement et la nécessité d’avoir une armée puissante devint une obligation. Son développement en pays Berbère facilitera cette alliance Berbéro-Punique en s’appuyant sur la mentalité martiale des autochtones et le côté scientifique et commercial des immigrés Phéniciens.

Le commandement militaire était toujours aux mains de familles nobles et désignées par l’assemblée du peuple (12).

L’armée Maghrébine ne se montrait guère indulgente envers les officiers vaincus ; des écrits montrant plusieurs exemples de généraux crucifiés ou exécutés après une défaite (13).

L’un des défauts de l’armée Carthaginoise, c’est qu’elle n’hésitait pas quand les circonstances l’exigeaient, de recruter en plus de ses soldats, des mercenaires étrangers pour gonfler ses rangs. Nous y reviendront plus tard dans l’article.

4.3 – L’art et la culture

L’art Berbéro-Punique s’est développé dans un domaine assez large durant ces 700 ans de rayonnement.

D’abord dans la peinture, où les Maghrébins ont pu créer de nouvelles couleurs sur leurs fresques, qui n’étaient pas utilisées par les Egyptiens et les Grecs. Ils utilisaient également de la terre cuite pour celles-ci (14).

Ensuite dans l’artisanat où ils excellaient. Cela se traduisait par des statuettes et des figurines en bronze notamment (15), mais aussi des objets de la vie de tous les jours en bois ; les Carthaginois étaient réputés pour avoir les meilleurs ébénistes de l’époque.

Aussi, la maîtrise du verre notamment dans l’armement était une spécificité de cette civilisation et directement héritée des premiers immigrés Phéniciens.

L’artisanat était aussi développé dans le domaine de la poterie, art ancestral des Amazigh que les Carthaginois d’origine Punique utilisaient également.

Nous pouvons aussi citer l’importance du parfum dans la société Maghrébine de l’Antiquité et son utilisation très fréquente, notamment de la part des femmes qui l’utilisaient pour attirer l’attention. Le parfum était synonyme de beauté. Durant cette époque, les Maghrébins créèrent plusieurs types de parfums et les exportaient vers l’Egypte et surtout la Grèce (15), (16).

Enfin, les bijoux et l’artisanat des orfèvres étaient une spécialité Maghrébine durant cette époque fastidieuse (17).

Le fait que nous évoquions l’importance de l’art et de la culture au sein de la grande civilisation que fut celle de nos ancêtres Maghrébins de Carthage n’est pas anodin. En effet, chaque peuple, lorsqu’il se développe et atteint un haut niveau, devient forcément créatif dans des domaines intellectuels car la création est une chose propre aux individus proactifs, travailleurs et souhaitant s’améliorer.

La civilisation musulmane des Amazigh du Maghreb, durant son âge d’or au Moyen-Âge, a également été connue pour son nombre incalculable de créations scientifiques, artistiques, culturelles…

Aujourd’hui, force est de constater que nous ne sommes plus à l’avant-garde de la civilisation humaine car nous avons abandonné notre goût à la création et au dépassement de soi. Même ceux qui appellent à un retour aux valeurs musulmanes dans nos terres adoptent parfois cette posture attentiste, non-créative et qui se limite uniquement à déterminer si telle ou telle chose de la vie quotidienne est haram ou hallal.

Or nos ancêtres musulmans qui appliquaient l’Islam bien plus que nous, n’avaient pas cette vision rétrécie de la vie d’ici-bàs. Si nous aurions suivis leurs pas, les Maghrébins seraient à l’heure actuelle en train d’envoyer des sondes sur Mars, de conquérir l’espace et en pointe dans les nouvelles technologies.

 

5- L’ADMIRATION DE LA GRECE ANTIQUE ENVERS LA CIVILISATION CARTHAGINOISE

La Grèce Antique est le berceau de la civilisation Européenne, car pour la première fois de leur histoire, ces derniers ont pu connaître une nation avancée.

Chose que les Nord-Africains avaient déjà connu avec l’Egypte et que les Orientaux enchaînaient avec succès (Babylone, Empire Perse…).

Parmi les plus illustres savants Grec, nous pouvons citer Homère qui fut l’auteur des deux premiers romans écrits de l’histoire Européenne : l’Iliade et l’Odyssée.

Ce dernier dira au sujet des Maghrébins et de leur civilisation cette phrase célèbre : « Par leur puissance, ils égalèrent les Grecs ; par leur richesse, les Perses. (18)»

La conquête de la Sicile par les Carthaginois accentua cette admiration de la part des Grecs car bon nombre d’entre eux y vivaient. Ces derniers se mirent à travailler pour le compte des Carthaginois et virent de leurs propres yeux ce qu’était le Maghreb de l’époque.

Il est triste de voir que les fondateurs de la civilisation Occidentale connaissaient et admiraient nos ancêtres alors que les Maghrébins d’aujourd’hui ne les connaissent pas. Notre média essaie modestement de faire changer les choses à son échelle, mais ce travail doit être mené par tous.

 

6- LA RIVALITE AVEC ROME : LE CHOC DE DEUX SUPERPUISSANCES

L’Empire Romain a connu de nombreux ennemis durant son existence mais aucun ne fut plus dangereux que Carthage. Les deux superpuissances étaient proches géographiquement, et très vite le contrôle de la Méditerranée va créer une hostilité entre les deux peuples.

Cela débouchera sur trois guerres terribles entre Rome et Carthage : les guerres Puniques.

Celles-ci se dérouleront sur des décennies et se termineront par la victoire de Rome à cause d’une erreur technique des Carthaginois que nous évoquerons dans la prochaine partie.

Mais comme tout grand Empire et toute grande civilisation, Carthage connaîtra une fin après 700 années de rayonnement.

Rome connaîtra également une fin tout comme l’Empire Perse après elle, ou Babylone avant…

 

7- HANNIBAL BARCA, LE PLUS GRAND STRATEGE MILITAIRE DE L’HISTOIRE DE L’HUMANITE

Pour nous construire en tant que peuple, nous avons besoin de grandes figures Maghrébines ; Hannibal en fait partie.

Cet homme au parcours exceptionnel est un condensé de bravoure, d’héroïsme et d’intelligence. Il est encensé dans le monde entier mais très peu au Maghreb alors qu’il est Maghrébin.

Nous avons souhaité lui consacrer une partie dans cet article afin de vous faire découvrir la grandeur de nos ancêtres.

7.1- Son enfance

Né en l’an -247 de notre ère, au nord de la Tunisie actuelle, il grandi en pleine période de tension entre Rome et Carthage, après la première guerre punique qui verra la cité Européenne prendre possession de la Sicile et de la Sardaigne, jusqu’alors Maghrébines.

Hannibal sera élevé dans la haine de Rome, comme tous les enfants de cette époque et avec un esprit de revanche. Il est d’ailleurs issu d’une famille de nobles guerriers ; son père, Hamiclar Barca est général (19).

Il étudiera l’art de la guerre et notamment celui des Spartiates ainsi que la langue Grecque (20).

Une anecdote intéressante rapportée par l’historien Romain Tite-Live, montre l’état d’esprit du jeune Maghrébin ; alors que son père parti avec ses troupes vers l’Espagne, Hannibal le supplia de venir avec lui pour voir de ses yeux à quoi ressemble une telle expédition. Son père accepta à une condition : qu’il jure de ne jamais devenir un ami de Rome (21).

7.2- Sa formation militaire

Durant sa jeunesse toute la péninsule Ibérique sera conquise par las Carthaginois qui devront faire face à une grande résistance de la part des autochtones. Durant cette conquête, Hannibal perdra son père Hamiclar, qui mourra sur le champ de bataille (22).

C’est en Espagne, face aux rébellions des Ibères, qu’Hannibal aura ses premiers faits d’armes en faisant preuve d’une endurance et d’un courage hors norme sur le champ de bataille. Il sera d’ailleurs nommé à la tête de la cavalerie et y excellera (23).

La rébellion Ibère sera réduite en cendre par l’Empire Maghrébin. Ils y fonderont une nouvelle ville en hommage à Carthage et la nommeront Carthagène (la petite Carthage) (24).

7.3- Une ascension précoce

Hannibal sera nommé commandant en chef des armées à seulement 25 ans. L’historien Romain Tite-Live écrira dans son ouvrage « l’histoire Romaine » :

{Hannibal, dès son entrée en Espagne, attira sur lui tous les yeux. « C’est Hamilcar dans sa jeunesse qui nous est rendu », s’écriaient les vieux soldats. Même énergie dans le visage, même feu dans le regard : voilà son air, voilà ses traits}.

Le nouveau général Maghrébin va renforcer les positions en Ibérie pendant deux ans étant donné le caractère rebel des locaux.

Inquiète de son influence, Rome va conclure une alliance avec la cité voisine de Sagonte et un pacte de protection ; cette ville est située aux portes de l’Espagne Carthaginoise. C’est une provocation qu’Hannibal ne va pas accepter : il attaque la ville immédiatement.

Celle-ci tombera face à l’armée Maghrébine ce qui entrainera une nouvelle guerre entre Rome et Carthage (25).

7.4 – Hannibal va réussir ce qu’aucun homme n’avait pu faire auparavent

A une époque où l’Empire Romain multipliait les victoires militaires et mettait l’Europe à ses pieds, le général Maghrébin décida de prendre les devants et d’attaquer les Romains chez eux.

Sachant que sa flotte était largement inférieure à celle des Romains depuis la première guerre punique et la défaite Carthaginoise, il décide de ne plus les attaquer par la mer : il choisit un trajet terrestre beaucoup plus long mais qui lui permettra de recruter en chemin bon nombre de mercenaires ou de s’allier aux peuples celtes désireux d’en découdre avec les Romains (26).

A la tête d’une armée de 80 000 hommes, Hannibal va quitter son Maghreb natal pour l’Espagne. Il se dirigera vers les Pyrénées à pied pour arriver en Gaule.

Durant ce premier périple il y affrontera de nombreuses tribus gauloises hostiles à une telle arrivée sur leur sol. Toutes ces tribus seront vaincues par l’armée Maghrébine qui continuera impitoyablement sa marche vers l’Italie.

Apprenant que les Romains l’attendaient dans le Sud de la Gaule, Hannibal décidera de les éviter en remontant la vallée du Rhône afin d’entrer en Italie par le Nord, par les Alpes.

Car ce dernier souhaitait une chose : faire la guerre chez les Romains et nulle part ailleurs. Or les Romains souhaitaient éviter à tout prix de se battre chez eux car en cas de défaites ils laisseraient leur pays à la merci des vainqueurs sans possibilité de se réorganiser rapidement (27).

Arrivée au pied des Alpes, en octobre 218 avant Jésus-Christ (alihi salam), Hannibal va décider, contre l’avis de tous, de traverser la chaîne montagneuse, à pied, en plein froid et avec tous ses soldats et son matériel.

Cette traversée sera jugée impossible par les généraux Romains qui miseront sur la mort de l’armée Carthaginoise dans les températures glaciale de l’hiver Alpin.

Le général Maghrébin, pensera trouver dans cette région des alliés de poids, à savoir les tribus Gauloises du Nord de l’Italie en guerre permanente avec Rome. Mais il y rencontrera tout le contraire : ses pires ennemis qui, en terrain familier, vont utiliser toutes leurs ruses pour combattre ces soldats venus du Maghreb.

Sous des conditions climatiques extrêmes, à pieds et contre des tribus Gauloises hostiles, Hannibal et ses hommes vont réussir à traverser les Alpes, exterminer tous leurs ennemis et arrivée au Nord de l’Italie sous la stupéfaction des Romains. Les Carthaginois y perdront 20 000 hommes soit un quart de leur armée (28).

7.5 – Hannibal met Rome à genou

A peine arrivé en Italie, avec des hommes diminués et affamés, une première bataille a lieu à Tessin avec la garnison Romaine sur place. Celle-ci sera décimée ; les Carthaginois entreront plus en profondeur dans le pays ennemi et une deuxième bataille aura lieu face à des légions bien plus nombreuses.

L’infériorité numérique de l’armée d’Hannibal ne sera pas un problème tant son génie militaire est grand ; il gagnera la bataille grâce à sa cavalerie Amazigh (la fameuse « cavalerie Numide ») en inventant la technique de l’encerclement.

La supériorité de la cavalerie Amazigh, va obliger les Romains à évacuer toute la Lombardie (Nord de l’Italie) tant les pertes sont importantes (29).

Fort de ses succès, de nouvelles tribus Gauloises, hostiles à Rome, vont faire alliance avec Hannibal et lui fournir des fantassins.

A cette époque, Hannibal qui occupe désormais tout le nord de l’Italie, va enchaîner victoires sur victoires contre les légions Romaines.

A chaque bataille il inventera des techniques de guerre nouvelles qui seront couronnées de succès comme par exemple le premier mouvement tournant de l’Histoire contre les légions du général Romain Flaminius.

Les légions de Flaminius constituaient les dernières grandes forces terrestres Romaines pour éviter que les Maghrébins ne marchent sur Rome ; elles seront décimées jusqu’au dernier soldat, Hannibal se chargeant même de tuer lui-même Flaminius et de lui prendre ses insignes.

Toutefois Hannibal rencontre un problème. Après son périple et malgré ses nombreuses victoires, il ne dispose pas du matériel nécessaire pour faire le siège de Rome qui dispose de fortifications imposantes (30).

Dans ces conditions Hannibal décide de ne pas attaquer Rome tout de suite mais se dirige vers Cannes (ville du Sud de l’Italie à ne pas confondre avec la ville française) où un important dépôt de munitions de l’armée Romaine se trouve.

7.6 – La bataille de Cannes : le plus grand chef d’œuvre de l’Antiquité

Face à ce danger, Rome va mobiliser la plus grande armée de toute son histoire : 100 000 légionnaires soit près du double des effectifs Carthaginois (31).

La bataille aura lieu en août -216 de notre ère sur la rive gauche de la rivière Ofanto dans le Sud de l’Italie actuelle.

Hannibal va user d’une tactique d’encerclement nouvelle lui permettant de réduire la surface de combat et d’éliminer la supériorité numérique des Romains en les asphyxiant.

Encore une fois, il s’appuiera sur sa cavalerie Berbère pour donner le coup de grâce à ses ennemis ; celle-ci contournera les légions Romaines par l’arrière pour ensuite refermer le piège sur eux.

Les Romains vont perdre toute leur armée présente à Cannes, les vainqueurs seront impitoyables et le nombre de victimes Romaines sera de plus de 70 000 hommes contre 6 000 seulement pour les Carthaginois (32).

L’historien Romain Tite-Live qualifiera la bataille de Cannes : de pire désastre que Rome est connu.

Malgré la victoire de Cannes Hannibal refusera de marcher sur Rome contre l’avis de ses lieutenants et notamment de Maharbal qui lui dira : « Tu sais vaincre, Hannibal mais tu ne sais pas profiter de la victoire » (33).

Hannibal souhaitait d’abord rallier les tribus d’Italie à sa cause afin de détruire Rome de l’intérieur.

Face à cette décision, les politiciens de Carthage vont commettre la pire des décisions possibles : refuser de continuer à soutenir logistiquement Hannibal, en pleine guerre (34).

Le fait qu’Hannibal ne marchera pas sur Rome alors que rien ne peut l’arrêter et qu’il va s’obstiner à vouloir d’abord rallier les tribus Italiennes à cause va causer sa défaite. Car ces années de statu quo vont permettre à Rome de reprendre pied et de reformer une armée.

7.7 – La victoire de Rome

Face à cette aubaine, les Romains vont décider de contre attaquer de façon indirecte : en Espagne, et au Maghreb mais jamais frontalement où Hannibal est posté.

Ils vont également user de la trahison du roi Amazigh Massinissa, qui allié à ses frères de Carthage décidera de changer d’alliance et d’attaquer de l’intérieur l’Empire Maghrébin. Face à cette guerre civile, Hannibal décide de rentrer au Maghreb pour défendre ses terres.

Finalement l’affrontement direct aura lieu quelques années plus tard à Zama. Face à la multiplication des fronts et au retournement d’alliance les Carthaginois seront défaits.

A noter qu’un autre roi Amazigh situé à Siga dans l’Ouest Algérien actuel, le dénommé Syphax, restera fidèle à Carthage et combattra jusqu’à la mort les Romains.

Comme toute grande civilisation, Carthage connaitra une fin. Lors de la bataille de Zama les techniques d’encerclement d’Hannibal échouèrent ; les Romains ayant pu mobiliser une nouvelle armée beaucoup plus grande et ayant appris de leurs nombreuses défaites.

Ce recers de Carthage les obligera à signer un traité de paix désavantageux avec Rome ; Carthage perdurera encore quelques années avant de disparaître après plus de 700 ans de rayonnement.

 

CONCLUSION

La grande civilisation Carthaginoise est enseignée partout dans le monde ; des universitaires de renoms en Europe et aux Etats-Unis ont d’ailleurs beaucoup écrit à son sujet.

Les techniques militaires d’Hannibal sont mêmes encore enseignées de nos jours dans les académies. Malheureusement, ce n’est pas le cas au Maghreb (ou très peu).

Un peuple qui ne connait pas son histoire laissera d’autres le lui raconter à sa place et de façon mensongère.

Notre peuple a connu au cours de l’histoire trois grandes civilisations : l’Egypte Antique, Carthage et les dynasties musulmanes, chose rarissime pour une seule et même terre.

Notre objectif n’est pas de regarder le passé de façon nostalgique et de chercher à reproduire au
21e siècle la même chose.

Notre but est de créer une nouvelle grande civilisation Maghrébine prenant en compte les enjeux d’aujourd’hui, en créant un concept nouveau adapté à notre monde tout en gardant un lien avec notre passé glorieux.

Nous évoquerons cette vision dans un prochain article à paraître sur notre site.

N’hésitez pas à partager au maximum cet article.

 

Liste des références citées :
(1) : Bernadette Cailler, Carthage ou la flamme du brasier
(2) : Histoire de Carthage (Université de Gand)
(3) : « L’identité Carthaginoise», Les Cahiers de Science & Vie, no 104, mai 2008, p. 25
(4) : Histoire ancienne de l’Afrique du Nord, volume IV, chapitre : la civilisation carthaginoise de l’historien et archéologue Français Stéphane Gseli (parution en 1920).
(5) : Histoire ancienne de l’Afrique du nord, volume IV, chapitre : la civilisation carthaginoise de l’historien et archéologue Français Stéphane Gseli (parution en 1920).
(5) : Histoire ancienne de l’Afrique du nord, volume IV, chapitre : la civilisation carthaginoise de l’historien et archéologue Français Stéphane Gseli (parution en 1920).
(6) : Alain Bertrand, L’Archémythe des Amazones, 6 décembre 2014
(7) : Dictionnaire des racines Berbères communes, Mohand Akli Haddadou
(8) : Le Maroc Antique, de Guy Laserre (édition les cahiers d’outre-mer, 1948)
(9) : Yann Le Bohec, Histoire militaire des guerres puniques, p. 115
(10) : François Decret, Carthage ou l’empire de la mer, collection Points histoire, édition du Seuil, Paris, 1977
(11) : http://www.hmp.defense.tn/index.php/formation/l-eneignement-superieur-militaire/ecole-superieure-de-guerre
(12) : Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, XXV, 8
(13) : Hédi Dridi, Carthage et le monde punique (Guide Belles Lettres des Civilisations)
(14) : https://journals.openedition.org/archeosciences/473)
(15) : Madame Sylvie Colinart (du Centre de Restauration et de Recherche des Musées de France), analyses réalisées dans le musée de Carthage
(16) : PICARD, C, PICARD, G.C., 1982 – La vie quotidienne à Carthage au temps d’Hannibal. Hachette, Paris 2ème Ed. 131-134
(17) : FANTAR, MH., 1999 – Carthage, Les Lettres et les Arts. Les éditions de la Méditerranée « Alif », Tunis
(18) : Appien, Libyca, 2. Homère
(19) : Tite-Live, Histoire Romaine, Livre 21
(20) : La vie des grands capitaines, chapitre Hannibal, de Cornélius Népos
(21) : Tite-live, histoire Romaine ; lien : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/LIV/XXI.html#1
(22) : Hannibal versus Rome de Richard Bedser ; reportage de 2005 de la BBC et d’Atlatic Productions
(23) : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/LIV/XXI.html#2 ; http://bcs.fltr.ucl.ac.be/LIV/XXI.html#4
(24) : http://www.insecula.com/contact/A008004.html
(25) : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/LIV/XXI.html#6
(26) : Hannibal versus Rome de Richard Bedser ; reportage de 2005 de la BBC et d’Atlatic Productions
(27) : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/LIV/XXI.html#29
(28) : Polybe, histoires générales, livre 3 : « Hannibal achève de traverser les Alpes »
(29) : Theodore Ayrault Dodge, Hannibal. A History of the Art of War Among the Carthaginians and Romans Down to the Battle of Pydna. 168 BC, éd. Da Capo Press, New York, 1995.
(30) : John Francis Lazenby, Hannibal’s war: a military history of the Second Punic War, éd. University of Oklahoma Press, Norman, 1998
(31) : Leonard Cottrell, Hannibal. Enemy of Rome, éd. Da Capo Press, New York, 1992
(32) : Richard Bedser,Hannibal V Rome, BBC et Atlantic Productions, Londres, 2005
(33) : Histoire Romaine de Tite-Live, livre 22
(34) : John Francis Lazenby, Hannibal’s war: a military history of the Second Punic War, éd. University of Oklahoma Press, Norman, 1998

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