Le Maghreb : tombeau des dynasties Omeyyades et Abassides

Beaucoup d’historiens Occidentaux dont les travaux sont repris par des musulmans, indiquent faussement et à dessein que les Maghrébins ont été colonisé depuis le 8e siècle par les Arabes et donc que ce peuple est depuis toujours colonisé.

C’est le cas de Bernard Lugan notamment qui par cet argument rend la colonisation des Européens au 19e siècle comme une simple continuité.

Or depuis le 8e siècle, le Maghreb fut la 1ere région à prendre son indépendance. On vous explique cela dans cet article.

 

INTRODUCTION

L’arrivée de l’Islam au Maghreb se fit sous la dynastie Omeyyade par des armées en majorité Berbères de l’Est de l’Afrique du Nord et qui étaient déjà converties : les Luwatas

La dynastie Omeyyade succéda à la gouvernance des cinq Califs biens guidés (Abu Bakr, Omar,Uthman, Ali et al-Hassan) de façon particulière. Le compagnon Muawiyah refusa de se soumettre à l’autorité de Ali (autre compagnon et gendre du Prophète alihi salem) tant que les assassins du 3e Calif, l’exemplaire Uthman, ne furent pas retrouvés.

Face à cette situation, une guerre civile éclata entre les deux hommes. Le successeur d’Ali, al-Hassan, compagnon du Prophète alihi salam et petits-fils de ce dernier, décida de mettre un terme au conflit qui divisa les croyants en laissant le pouvoir à Muawiyah.

En tant que Maghrébins, nous restons musulmans attachés à la Sunna du Prophète et nous ne permettrons à personne de manquer de respect à Muawiyah qui reste un compagnon (convertit vers la fin de vie du Prophète alihi salem, après la prise de La Mecque). Toutefois nous affirmons comme tous les gens de science que Muawiyah n’était pas dans son droit et qu’il aurait dû se soumettre à l’autorité d’Ali et d’al-Hassan or il ne l’a pas voulu, provoquant un conflit entre musulmans.

Lorsque al-Hassan remit le pouvoir à Muawiyah, se dernier devint donc Calif et fonda la dynastie des Omeyyades (du nom de son clan les « Banu Omayyah ») en changeant une chose fondamentale dans le pouvoir : attribué auparavant au mérite par les premiers Compagnons, le pouvoir va devenir héréditaire. De plus, beaucoup de chefs de provinces et de hauts fonctionnaires seront issus du clan des Banu Omayyah.

Parmi les Califs Omeyyades certains seront des musulmans pieux et remarquables tel que Omar ibn Abdelaziz ; et d’autres seront injustes et tyrans.

LES CAUSES DE LA RÉVOLTE BERBÈRE

Alors que le monde musulman s’est étendu de l’Europe à la Chine, le Calif Omeyyade Hicham ibn Abdelmalik, par l’intermédiaire des gouverneurs Arabes du Maghreb continuent de prélever aux populations Berbères l’impôt réservé au non musulman, la Jizya.

Or à cette époque les Berbères sont dans leur quasi-totalité devenus musulmans et islamiquement parlant ils ne doivent acquitter qu’un seul impôt, celui de la Zakat.

La Jizya n’est réservée qu’aux non musulmans, pour les compenser de leur protection qui est assurée par les croyants, obligés de les défendre au péril de leur vie en cas d’attaque extérieure.

Les Berbère se retrouvent donc à payer une double imposition totalement illicite en Islam : la Zakat car musulmans et la Jizya en étant considérés comme non musulman. Face à cette situation, des hommes vont se lever pour la dénoncer mais rien y fait : le Calif Omeyyade et ses gouverneurs vont maintenir cette injustice dans le seul but de maintenir des recettes fiscales fortes.

En effet, les dirigeants Omeyyades de l’époque mènent un train de vie fastueux qui nécessite de l’argent, et les politiques fiscales injustes vont permettre de trouver ces fonds.

 

MAYSARA : LE BERBÈRE A L’ORIGINE DE LA RÉVOLTE

Dans les années 730, un homme issu de la tribu Amazigh des Matghara, située dans le Nord du Maroc actuel, va s’insurger contre ces décisions contraires à l’islam.

D’abord de façon diplomatique en faisant un long voyage jusqu’à Damas pour présenter au Calife Omeyyade le problème et demander justice.

Sa demande, malgré l’injustice avérée sera rejetée.

En l’an 739, Maysara changera de stratégie et va réunir plusieurs tribus Berbères pour prendre les armes face au sévère gouverneur de Tanger (Maroc actuel), le dénommé Omar al-Moradi. Suite à plusieurs batailles, l’armée de Maysara va prendre la ville et exécuter le chef Omeyyade.

Ces derniers vont alors envoyer d’importants renforts d’Espagne pour mater la rébellion mais leurs troupes seront à chaque fois vaincues. Maysara va poursuivre sa progression en libérant tout le Maroc de Tanger à l’Atlas ; il abolit sans plus tarder les impôts illégaux imposés aux Musulmans Berbères.

Il faut garder à l’esprit qu’il s’agissait d’un soulèvement Musulman face à un pouvoir tyrannique appliquant des lois illégitimes d’un point de vue religieux et non d’un mouvement de libération Berbère.

Face à cette situation, les Omeyyades vont rappeler leurs armées de Sicile, pour combattre Maysara. Face à leur nombre, ce dernier décide d’opérer un retrait tactique sur Tanger, ce qui n’est pas du goût de bon nombre de ses soldats qui souhaitent combattre.

Maysara sera exécuté par des membres de son armée et un nouveau chef sera élu : Khalid al-Zanati, originaire de l’Est du Maroc actuel.

 

KHALID AL-ZANATI : L’HOMME QUI CHASSERA LES OMEYYADES DU MAGHREB

Après son élection en tant que chef de l’armée Amazigh, Khalid al-Zanati décide attaquer l’armée Omeyyade près de Tanger.

Comme son prédécesseur il remportera une série de victoire qui feront de l’Ouest du Maghreb une terre échappant à tout contrôle Omeyyade.

Les Omeyyades vont donc décider d’employer les grands moyens en réunissant une grande armée avec des renforts venus de  Damas.

Cette armée était composée de nombreux aristocrates Omeyyades ce qui a donné son  surnom de « l’armée des nobles ».

L’affrontement entre Khalid et les Omeyyades se soldera par une victoire époustouflante des Maghrébins qui tueront la quasi totalité de la noblesse Omeyyade du Maghreb.

La bataille sera appelée : « la bataille des nobles » et eut lieu en 740.

Le Calife Omeyyade Hicham ibn Abdelmalik, situé dans sa capitale de Damas voulait s’assurer de reprendre le contrôle du Maghreb et ne pouvait laisser un tel affront sans réagir.

Il composa composa une armée de 40 000 hommes dont la grande majorité des soldats étaient membres des troupes d’élites de Syrie.

Arrivée au Maghreb Khaled Zenati les attendait près de Fès, moins bien équipé et moins nombreux.

Cette bataille décisive fut la plus importante pour les Imazighen ; on la nomme la bataille de Bagdoura.

L’armée de Khalid al-Zanati fut moins bien équipée que les troupes d’élites Omeyyades qui en voyant leurs adversaires étaient sûrs de leur suprématie. Mais l’infanterie Maghrébine fut héroïque : elle faisait tomber les chevaux Omeyyades avec des sacs remplis de pierres (faute de moyens) ; ils lâchèrent ensuite des juments sauvages affolées par des sacs d’eau attachés à leur queue dans les rangs de l’armée Arabe pour y semer la confusion.

Les musulmans Berbères réussiront enfin à séparer l’infanterie Omeyyade de sa cavalerie puis à les encercler.

Au final, sur ses 40 000 soldats, les Omeyyades vont perdre 38 000 hommes dont l’ensemble de leurs généraux et gouverneurs ainsi que de leur cavalerie d’élite venue de Syrie.

Il s’agira de la pire défaite Omeyyade de leur histoire.

 

CONSEQUENCES DES VICTOIRES DE MAYSARA ET DE KHALID AL-ZANATI

Ces succès brisent définitivement l’emprise Omeyyade sur le Maghreb central et occidentale. Les Berbères sont le premier peuple à vaincre cette dynastie et à prendre leur indépendance ; depuis cette date ils ne dépendront plus jamais d’un pouvoir situé en Orient.

Ils vont même poursuivre leurs révoltes sur l’Est du Maghreb par l’intermédiaire du célèbre Abou Qurra.

 

LA PRISE DE KAIROUAN ET DE LA TUNISIE PAR ABOU QURRA

Entre 767 et 776 il prendra la tête d’une armée de 350 000 cavaliers et chassera les Abassides, dynastie Arabe ayant succédée au Omeyyades, de Tunisie.

Il est connu pour être le fondateur de la ville de Tlemcen (en Algérie). Il en fera la capital de son royaume qui s’étendra sur le Maghreb central.

 

CONCLUSION

Contrairement à ce que certains historiens disent, le début de la chute des Omeyyades a été réalisé par les Maghrébins et non les Abbassides qui viendront bien après.

Cette chute est due au pouvoir tyrannique qu’ont exercé certains d’entre eux notamment en matière fiscale.

L’indépendance du Maghreb fera apparaître plusieurs royaumes tribaux et affaiblira la région. Mais elle sera réunifiée par les Almoravides deux siècles plus tard.

Beaucoup de chroniqueurs Omeyyades de l’époque ont écrit au sujet de Maysara et de ses successeurs comme étant des déviants, des Kharidjites et autres semeurs de troubles sans jamais évoquer les nominations héréditaires de leurs Califs ni les lois iniques en matière d’imposition qu’ils faisaient subir aux musulmans.

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