L’identité Maghrébine : comment la définir

1- Le Maghreb, les Maghrébins… de quoi parle-t-on ?

Avant d’entamer toute présentation il est nécessaire de définir quelques notions importantes.

Tout d’abord que désigne-t-on lorsque l’on parle de « Maghreb » ?

Historiquement le terme pour désigner notre région géographique (qui partait de la Mauritanie actuelle jusqu’à l’Egypte) était durant l’Antiquité « Afrique » (1)(2)(3). Sa signification originelle ne concernait absolument pas l’Afrique Subsaharienne qui était désignée sous le terme « d’Ethiopie ».(98)

Aujourd’hui nous savons que le mot « Afrique » désigne l’ensemble du continent, d’Alger jusqu’à Johannesburg c’est pourquoi est apparu une nouvelle appellation : l’Afrique du Nord ; celle-ci peut encore être utilisée aujourd’hui car elle correspond à une réalité actuelle.

Cependant nous souhaitons pour notre part, bien que le terme Afrique du Nord nous convienne, utiliser dans cet article l’appellation « Maghreb » et cela pour plusieurs raisons.

Première raison : ce terme est très utilisé actuellement par les personnes issues de notre communauté qui s’identifient très facilement à celui-ci.

Deuxième raison : cette appellation désigne notre terre originelle depuis l’arrivée de l’Islam ; « Maghreb » signifie littéralement en langue arabe « Occident Musulman ». Bien que les Maghrébins autochtones ne soient pas Arabes, certains pourraient se demander pourquoi l’utiliser ? Nous leur répondrons tout simplement que depuis l’avènement de l’Islam, la langue Arabe est devenu universelle car langue liturgique du message divin (94)(95). En aucun cas cette appellation doit nous couper de notre glorieuse histoire préislamique bien au contraire. La ligne directrice de notre média l’a prouvé, mais nous profiterons de cet article pour le démontrer une nouvelle fois.

Troisième raison : avant l’Islam, les Nord-Africains avaient bâti plusieurs grandes civilisations qui ont rayonné dans le monde (6)(7)(8) ; avec l’arrivée de l’Islam ils ont su rebâtir une grande civilisation avec des dynasties qui ont aussi rayonné dans le monde technologiquement, économiquement, militairement, scientifiquement…(9)(10)(11)(12)(13). En Occident, se sont les Maghrébins qui ont porté la nouvelle religion, l’ont défendu et l’ont fait briller. Et le Prophète Muhammad (paix et salut sur lui), de son vivant, a émis une prédiction magistrale en utilisant le terme « Maghreb » que nous souhaitons nous approprier.

En effet, dans un Hadith authentique il déclarait ceci :

« Il y aura toujours un groupe parmi mes partisans au Maghreb, ferme sur le sentier de la Vérité, jusqu’à ce que vienne l’Heure »(14)(15). L’histoire musulmane a déjà prouvé(16)(17) cela et nous espérons continuer à faire vivre cette parole. D’ailleurs celle-ci a été faussement interprétée par certains imams Orientaux (vivant en Syrie) qui ont essayé de traduire le mot Maghreb par « Syrie » alors que ce terme a bien le sens « d’Occident ». Heureusement, ces interprétations sont minoritaires et surtout facilement réfutables.

En définitive, le terme Maghreb à une connotation géographique qui désigne bien nos terres ancestrales, mais aussi une connotation religieuse qui nous positionne par rapport au reste de la Oumma et enfin une dimension Prophétique avec les éloges que le Messager d’Allah a fait à notre égard ou du moins à certains d’entre nous à travers le hadith que nous venons de citer.

Ensuite que désigne-t-on lorsque l’on parle de « Maghrébins » ?

La réponse à cette question est l’objet de notre article car beaucoup de confusions sont actuellement présentes dans l’esprit des gens or comme le dit le célèbre adage : « pour savoir où l’on va il faut savoir d’où l’on vient ».

Toutefois à ce stade de l’article nous pouvons dire que l’Afrique du Nord est composée de deux peuples autochtones : les Imazighen (Berbères) (4) entre la Mauritanie actuelle et la Lybie et les Coptes en Egypte (5).

La partie appelé Maghreb désignera l’espace habité par les Berbères en opposition à l’espace habité originellement par les Coptes d’Egypte. Durant l’Antiquité, toute la partie d’Afrique du Nord habitée par les Berbères étaient appelé Libye et ses habitants les Lebous.(96)(97)

Il est important de souligner que :

– Les Egyptiens d’aujourd’hui sont encore en majorité issus du peuple Copte ; aujourd’hui cette appellation ne désigne que les Egyptiens de confessions Chrétiennes or le terme Copte désigne à la base un groupe ethnique et non une communauté religieuse (5).

– Les Coptes originels (ou Egyptiens) et les Imazighen sont deux populations cousines avec de nombreux points communs ; celles-ci ont cohabité plus ou moins pacifiquement durant l’histoire, mais sont surtout ethniquement très proches (sœurs ou cousines germaines).

– Nous avons cité les deux peuples autochtones de l’Afrique du Nord mais il est important de préciser que l’histoire est faite de migrations humaines et au fil des siècles, de nouvelles ethnies s’y sont installées ; les populations actuelles d’Afrique du Nord ne se limitent donc pas aux seuls Imazighen et Coptes. Nous évoquerons plus en détail ce point, au cours de l’article.

Après avoir défini les concepts de « Maghreb » et de  « Maghrébins », nous allons maintenant centrer notre curseur sur la partie de l’Afrique du Nord qui est originellement habitée par les Berbères, c’est-à-dire le Maghreb historique qui s’étend de la Mauritanie à la Libye.

 

2- Qui sont les premiers habitants du Maghreb ?

Les historiens classifient l’histoire selon plusieurs périodes, qu’ils délimitent par des grandes découvertes ou des événements majeurs ; Voici ci-dessous les premières grandes périodes historiques que nous allons évoquer pour répondre à la question suivante : « qui sont les premiers habitants du Maghreb ? ».

– La Préhistoire :

o   Le paléolithique : -3 millions d’années avant notre ère jusqu’à  -12 000 ans

o   Le mésolithique : -12 000 ans avant notre ère à -6 000 ans (avec l’arrivée des agriculteurs éleveurs)

o   Le néolithique : -6 000 ans avant notre ère (environ) à -3 500 ans (avec l’arrivée de l’écriture en Mésopotamie (Irak actuel)

– L’Antiquité : -3 500 ans de notre ère à l’an 476 (qui marque la chute de l’Empire Romain)

– Le Moyen-Âge : de l’an 476 de notre ère à 1 492 (découverte de l’Amérique)

2.1- Les Ibéromaurusiens

Les premières traces de vie humaine en communauté et s’inscrivant dans la durée au Maghreb remontent à la première période de l’humanité, à savoir le paléolithique. On nomme ces habitants les Ibéromaurusiens. Ces derniers étaient établis sur le littoral allant du Maroc à la Tunisie il y a près de 20 000 ans.

Des sites archéologiques Ibéromaurusiens bien conservés ont été analysés ; nous pouvons citer la grotte de Tafoghalt au Maroc dans le massif montagneux de Aït Iznassen (22), les gisements de Columnata en Algérie (21) sur la commune de Sidi Hosni (Tiaret), les sépultures de Seraïdi (Annaba) en Algérie (21) ou encore les gisements de Akarit et d’Ouchtata en Tunisie(20).

Plusieurs études récentes sur ces sites ont montré le caractère quasi-autochtone des Ibéromaurusiens en Afrique du Nord(18)(19). Toutefois il est important de souligner que les études génétiques sur les Ibéromaurusiens et celles réalisées sur les Maghrébins actuels montrent des similitudes et peuvent être qualifiées de proches (ou de cousines) mais ne sont pas totalement identiques (22).

2.2- Les Capsiens

C’est dans la deuxième période préhistorique (la séquence mésolithique), que les premières traces des ancêtres directs des Maghrébins actuels vont être relevées : il s’agira des Capsiens, nom issu de la ville de Gafsa en Tunisie actuelle qui s’appelait à l’époque (il y a plus de 10 000 ans) Capsa. Les traces les plus anciennes de la présence Capsienne vont donc être relevées dans la région de Gafsa jusqu’à l’Est de l’Algérie actuelle cependant cette civilisation sédentaire va peupler tout le Maghreb (Sahara inclus, qui était à l’époque verdoyant) et même le Sud de l’Espagne (proche du Maroc) et la Sicile (proche de la Tunisie) (23)(24)(25).

Certains Ibéromaurusiens vont émigrer vers la partie Orientale de l’Afrique du Nord tandis que les Capsiens vont s’implanter sur l’ensemble du Maghreb de façon durable et intégrer les éléments Ibéromaurusiens restants, dans leur civilisation. Les Maghrébins autochtones d’aujourd’hui sont donc les descendants directs de cette période préhistorique (93).

La présence des ancêtres des Maghrébins sur cette terre se fera ensuite de manière continue, de la préhistoire jusqu’à ce jour,  ce qui d’un point de vue historique est exceptionnel.

L’Antiquité par exemple qui suivra, verra naître la civilisation de Carthage, connue sous le nom de « civilisation Berbéro-Punique », avec l’arrivée sur leurs terres de Levantins venus du Liban : les Phéniciens. Ces derniers fuyaient l’instabilité de leur terre d’origine (29)(30). Bien que l’apport numérique des Phéniciens fût faible et se fondera dans l’univers Berbère(31)(32)(33), leur apport technologique et culturel sera important.

2.3- La langue Tamazight

Le Tamazight (langue Berbère) qui appartient aux langues afrasiennes est très ancien : entre 17 000 ans et 10 000 ans selon les sources (26). Les Imazighen vont également faire partie des premiers peuples au monde à mettre en place un système d’écriture complet. Nous pouvons aujourd’hui dater grâce à la technologie, à plus de 3000 ans, plusieurs gravures Antiques où le Tamazight est écrit (en écriture Libyque, ancêtre du Tifinagh actuel) (26)(27).

L’origine géographique des langues afrasiennes est sujette à débat : certains défendant la thèse d’une origine Nord-Africaine(28), d’autres d’Afrique Orientale et d’autres du Levant. Peu importe son lieu de naissance exacte, nous savons qu’elle s’est établie dès la préhistoire au Maghreb il y a des milliers d’années, chose qui en terme d’ancienneté reste rare car la plupart des langues que l’on connaît aujourd’hui se sont stabilisées dans leurs zones géographiques plus tard.

3 – Les autres populations qui se sont installées au Maghreb

Entre l’Antiquité et notre époque des migrations de population exogènes mais toujours limitées numériquement se sont installées au Maghreb.

3.1- Les Européens

Nous pouvons citer la première vague Européenne durant la présence Romaine, qui a eu lieu dans certaines villes du littoral. Celle-ci fut limitée en nombre et était liée au contrôle de l’administration sur la partie septentrionale de l’Afrique. Le pays Berbère ne fut pratiquement jamais touché par une quelconque présence Romaine contrairement aux villes du Nord où le latin et la religion Chrétienne cohabitaient avec les autochtones(44).

C’est pourquoi le paganisme continuait à régner dans les terres à l’arrivée de l’Islam et notamment dans des régions pourtant peu éloignées de la mer comme par exemple les Aurès (45).

Ensuite, une deuxième vague plus importante d’Européens cette fois-ci musulmans va s’installer en Afrique du Nord ; d’abord en Tunisie avec les premières défaites musulmanes en Espagne, puis au Maroc et dans l’Ouest Algérien avec la Reconquista et l’expulsion des musulmans.

Enfin au  cours des 16e, l’installation d’Européens des Balkans, sujets de l’Empire Ottoman, sur certaines zones côtières de l’Algérie et de la Tunisie notamment pour combattre les armées Espagnols voulant envahir le Nord de l’Algérie. Cette présence sera limité et symbolique, mais face à la menace Espagnol une proposition de rattachement à l’Empire Ottoman sera proposée ; la régence d’Alger, dans sa gestion, restera un Etat plus ou moins indépendant (40).

3.2- Les Arabes

Il faudra attendre le Moyen-Âge et le 11e siècle pour voir l’arrivée d’une nouvelle population : celle des Arabes et principalement des Banu Hilal et des Banu Sulaym ; à cette époque le Maghreb était déjà islamisé et régit par des dynasties musulmanes d’origines Amazigh. Cette arrivée sera également limitée en nombre(41)(42)(43) et s’élèvera réellement à quelques dizaines de milliers d’âmes.

Comme le souligne l’universitaire François Decret : « En somme, en renforçant par leur arrivée la population nomade des Berbères, et particulièrement les Zénètes, les Hilaliens ont été d’un poids négligeable sur le plan démographique »(41).

Cette vérité historique est confirmée aujourd’hui par la génétique que nous évoquerons dans cet article.

En revanche, les Banu Hilal vont contribuer, en s’installant dans les plaines, à diffuser (selon certains historiens) la langue Arabe au Maghreb qui au Moyen-Âge était quasi inexistante. Toutefois, cette diffusion massive de la langue Arabe dès le 10e siècle est contredite par Ibn Khaldoun, lui-même Maghrébin, qui vécut au 14e siècle et qui déclara dans son ouvrage al-Muqaddima : « au Maghreb les gens étaient attachés à leur langue Berbère et ils étaient éloignés de l’Arabe classique ; ils étaient donc incapables de l’apprendre couramment à l’école (…) leur langue (le Tamazight) est parlée partout sauf dans les grandes villes (où l’Arabe est utilisé) mais submergé par le dialecte indigène des Berbères ».

Si nous souhaitons rester objectif, nous pouvons dire que l’utilisation de l’arabe a peut-être débuté au Moyen-Âge (soit 400 ans après l’arrivée de l’Islam) mais qu’elle s’est réellement développée plus tard.

Contrairement aux idées reçues, l’identité des Maghrébins ne se basent donc pas uniquement sur la langue qu’ils parlent mais aussi sur d’autres aspects comme leurs origines et leur culture qui sont communes sur bien des aspects. Nous détaillerons ce point capital dans la partie consacrée à l’identité Maghrébine.

3.3 – Les Subsahariens

Nous pouvons citer (toujours au Moyen-Âge puis lors des siècles suivants) l’arrivée de Subsahariens principalement dans le Sud chez les populations dîtes Touaregs.

Les Berbères du Sahara qui avant l’avènement de l’Islam étaient régulièrement attaqués par leurs voisins Subsahariens et notamment l’Empire du Ghana (34) ont su mettre fin à cette situation avec l’émergence de l’Empire Almoravide dont le noyau fut composé d’Imazighen du désert. Ces derniers prirent le dessus sur l’Empire du Ghana et mirent en déroute leurs voisins (34).

Au fil des années d’autres batailles auront lieu pour le contrôle du commerce transsaharien et verront à chaque fois des victoires Maghrébines comme celle de Tondibi en 1591, entre Saadiens du Maroc et Songhaï (35)(36)(37).

Le contrôle d’une vaste zone comme le Sahara par les Berbères entraînera des migrations de populations Subsahariennes vers le Nord pour différentes raisons : commerce, prisonniers de guerre, migrations économiques, ventes d’esclave de la part des Empires d’Afrique Noire  vers leurs voisins du Maghreb…(38) (39).

Un pays comme la Mauritanie par exemple est aujourd’hui composé de 70% de Subsahariens, phénomène que l’on ne retrouve nul part ailleurs au Maghreb.

4- Les événements clés de l’histoire du Maghreb

Bien évidemment nous n’allons pas détailler dans cette partie plus de 20 000 ans d’histoire de l’Afrique du Nord mais évoquer quelques moments clés afin de lever le voile sur certaines contre-vérités véhiculées par des courants de pensées plus ou moins hostiles.

En effet, si un peuple laisse les autres lui raconter faussement son histoire, ce dernier ne saura être maître de son destin.

Dans cette partie, nous vous relaterons donc des faits historiques objectifs et référencés, que vous pourrez vérifier par vous-même.

Ces faits présentent la réalité du Maghreb telle qu’elle fut et nous permettent de réfuter les trois idéologies suivantes :

– l’idéologie de certains Occidentaux, hostiles à l’Islam : ils affirment que le Maghreb, depuis son premier contact avec les musulmans, est une terre colonisée. Des personnalités comme Eric Zemmour ou Bernard Lugan soutiennent cette vision de l’histoire afin de minimiser d’une part le rôle de la colonisation Européenne et d’autre part de réduire la place que les Maghrébins ont eu dans l’histoire. Mais le fond de leur idéologie est bien évidemment leur hostilité envers l’Islam qui a engendré une civilisation hors du commun ; pour eux, la réduire à une simple colonisation territoriale reviendrait à justifier à demi-mot la présence Européenne au Maghreb qui en serait une de plus; nous verrons que ces deux présences sont diamétralement opposées.

– l’idéologie des Berbéristes « occidentalisés » : par hostilité envers les Arabes, ces Berbéristes vont tout rejeter de la civilisation musulmane et nier le fait que la conversion des Imazighen à l’Islam engendrera le développement du Maghreb sur le plan scientifique, économique, culturel et militaire. Malgré des preuves historiques accablantes, ces derniers vont préférer se voiler la face et prêter à l’Islam tous les maux actuels de nos pays. Ce qui est intéressant avec ces berbéristes c’est leur admiration vis-à-vis de la présence Romaine au Maghreb qui fut pourtant énormément combattue par leurs ancêtres et leur hostilité vis à vis de l’arrivée de l’Islam qui fut défendu par leurs mêmes ancêtres.

– l’idéologie Panarabiste : défendu le plus souvent par des Maghrébins d’origine Berbère mais arabisés et ne connaissant plus leur origine Amazigh. Ces derniers soutiennent que l’arrivée de l’Islam fut une conquête Arabe qui entraînera un changement de population et une arabisation immédiate des autochtones. Ils n’hésitent pas à nier tout caractère Amazigh du Maghreb pour les plus extrémistes d’entre eux : la conquête de l’Andalousie n’a pas été réalisée par les Berbères, l’art Mauresque n’est pas le fruit des Berbères, avant l’arrivée de l’Islam les Berbères n’avaient jamais créé de civilisations ou de nations indépendantes… Nous réfuterons leurs arguments historiques et notamment avec des témoignages d’époque.

Nous évoquerons donc ci-dessous neuf parties de l’histoire qui réfutent ces trois idéologies hostiles :

4.1 – L’entrée dans l’Antiquité ou l’émergence des Maghrébins sur la scène mondiale

Ce qu’il faut retenir de la période Antique pour tout Maghrébin qui se respecte c’est la création de la civilisation Carthaginoise qui rayonnera dans le monde durant 700 ans.

Elle fut le fruit des Berbères qui ont su tirer profit de l’arrivée sur leur terre de commerçants et d’aristocrates Phéniciens venus du Liban, en créant une alliance qui marquera l’histoire (46)(47).

Comme toutes les études archéologiques et historiques le prouvent, il ne s’agira pas d’une conquête Phénicienne mais bien d’un Empire Berbéro-Punique (48).

La grandeur de Carthage dépassera les frontières de l’Afrique du Nord. Le grand romancier Homère, qui fut l’auteur Grec des deux premiers romans de l’histoire Européenne (l’Iliade et l’Odyssée), dira au sujet des Maghrébins et de leur civilisation cette célèbre phrase: « Par leur puissance, ils égalèrent les Grecs ; par leur richesse, les Perses. (49)»

Alors que les Européens célèbrent encore aujourd’hui l’Empire Romain et sa grandeur, il est étonnant de voir que les Maghrébins ne le font pas pour Carthage. A notre génération de se réapproprier cette histoire qui a fait de nos ancêtres des personnes admirées et en avance sur leur temps.

4.2 – Les Royaumes Numides et Maures suivis de la présence Romaine

Autre période de l’Antiquité où les Maghrébins feront parler d’eux : les Royaumes Numides et Maures. Le premier d’entre eux s’étendra du fleuve Moulouya à l’Est jusqu’à Tripoli (51). Son voisin, le Royaume Maure, occupera la partie Ouest du Maghreb, de Tanger à Agadir.

Les Numides par exemple frapperont leur propre monnaie en bronze et commerceront avec toute l’Europe ;  on retrouvera par exemple des pièces numides jusqu’en Angleterre. Ce Royaume était  dirigé  par des rois dont le premier et le plus emblématique fut Syphax qui mourra en combattant Rome et son rival Amazigh Massinissa, lui succédera sur le trône (50). Les Numides disposaient de leur propre institution et d’une armée solide autour d’une société civile développée (50).

Enfin, nous pouvons également évoquer la présence Romaine qui interviendra plus tard dans la période Antique avec un rôle limité au littoral. Cette présence fut d’ailleurs régulièrement combattu si l’on en croit les historiens Romains de l’époque : les révoltes de Jugurtha (52)(53) ou de Tacfarinas (54) par exemple ébranlèrent leur Empire et rendirent le Maghreb hors de contrôle durant plusieurs années.

Toutefois l’accès à la citoyenneté accordée aux Imazighen sous contrôle de Rome laissera un héritage et des vestiges latins d’une rare beauté ainsi que le développement économique et culturel du Maghreb. Cependant cette présence aura aussi des conséquences pour Rome.

Les Maghrébins accèderont aux plus hautes fonctions militaires. L’un d’entre eux, Septime Sévère, général de l’armée et héros des campagnes militaires en Germanie, marchera sur Rome avec ses légions. Il décimera les gardes prétoriennes et prendra le pouvoir où il y fondera une dynastie Amazigh d’Empereurs. Les Romains de souches qualifieront ce coup d’Etat de « revanche de Carthage »(55)(56)(57).

4.3 – La vérité sur la conquête musulmane du Maghreb.

Période capitale de l’histoire du Maghreb, la conquête islamique qui touchera d’abord la Libye, la Tunisie et les Aurès prendra 70 ans pour être achevée, alors que la chute des Empires Perses et Byzantins (pour la province du Proche-Orient et de l’Egypte) ne prendra que quelques années (58).

L’arrivée de l’Islam au Maghreb se réalisera sous commandement du Califat Arabe Omeyyades et à la tête de son armée, le célèbre général Oqba ibn Nafi.

Les troupes de l’armée Omeyyade étaient majoritairement composées de soldats Berbères, issus de la Libye actuelle et déjà convertis. D’autres tribus rejoindront les musulmans pour continuer la conquête plus à l’Ouest, comme le roi Amazigh Koceïla qui participera à côté de Oqba à toutes les batailles contre les Berbères païens et chrétiens (58), au nom de la nouvelle foi.

Le retournement de Koceïla se fera sur un différend politique et un rejet de ses méthodes de commandement jugées trop rudes. Koceïla tuera donc Oqba en le combattant alors que ces derniers étaient dans le même camp. Oqba mourra de façon héroïque et Koceila prendra le pouvoir.

Sous l’autorité de Koceïla, l’adhan continuera de retentir sur Kairouan la nouvelle capitale musulmane du Maghreb (58) et l’Islam continuera à être pratiqué. Après plusieurs années d’indépendance les Omeyyades renverront des troupes pour reprendre le Maghreb mais  subiront la première défaite militaire de leur histoire, face à une femme païenne des Aurès et ses troupes qui lui étaient fanatiquement dévouées : Dihiya (célèbre sous le nom de Kahina).

Malgré sa victoire face aux troupes musulmanes, ces derniers portés par leur foi revinrent quelques années plus tard en étant beaucoup mieux préparés. Face à ces nouvelles troupes, Dihya ordonna à ses soldats de brûler les terres afin de rendre sa région inintéressante pour les musulmans, d’un point de vue matériel. Cela entraînera sa chute pour deux raisons : les troupes musulmanes  ne venaient pas pour acquérir uniquement du matériel et des biens et la population Berbère des Aurès, attachée à sa terre refusa de la brûler et de perdre ses récoltes ; ces derniers se retournèrent contre leur Reine. Cette politique de terre brûlée sera donc fatale pour Dihiya et la témérité des soldats Arabes  et de leurs coreligionnaires Berbères finira par triompher (58).

En aucun cas cette période fut marquée par une colonisation Arabe et une immigration massive de populations du Moyen-Orient, ni par des massacres de Berbères ou autre sauvagerie que connaîtra le Maghreb avec l’arrivée des Européens (58). Le commandement du Maghreb en tant que nouvelle province sera bien Arabe (comme tout le monde musulman de l’époque) mais l’administration sera ouverte aux Berbères musulmans.

Ce sont d’ailleurs les Imazighen qui vont mener la conquête de l’Europe au nom de l’Empire Arabe Omeyyade après que ces derniers les aient nommés à la tête de l’armée musulmane et de plusieurs provinces, chose qui n’est jamais arrivée durant plus d’un siècle de présence Européenne au Maghreb (au 19e siècle).

4.4- La conquête de l’Europe : une œuvre Amazigh

Contrairement à ce que certaines personnes peu au fait des réalités historiques peuvent avancer, la conquête de l’Espagne, du Portugal et de la France a été réalisée principalement (pour ne pas dire quasi-exclusivement) par des Imazighen récemments convertis à l’Islam.

Prenons le cas du grand débarquement du 30 avril 711, dans la baie d’Algésiras par Tarik Uw Ziyad avec une armée composée de 7 000 Berbères et de 35 Arabes (59)(60) et qui marque le début de la conquête musulmane de l’Europe. Comme le souligne l’historien Espagnol Joseph Pérez : « parmi les envahisseurs de 711, les Arabes proprement dits étaient une infime minorité (…) la majorité était formée de Berbères. (…) C’est pourquoi les Espagnols, pour évoquer la domination musulmane, préfèrent parler de Maures, c’est-à-dire de Maghrébins.»(61)

La bataille qui officialisera cette présence aura lieu en juillet 711 à Guadalete et opposera donc les musulmans aux puissantes tribus Germaniques des Wisigoths. Les soldats Imazighen remporteront une victoire comme rarement une armée le fit au cour de l’histoire et Tarik récoltera un immense butin.

4.5 – La grande révolte du Maghreb

Bernard Lugan, spécialiste autoproclamé de l’Afrique, déclare fréquemment que le Maghreb est colonisé depuis le 8e siècle par les Arabes. Ces déclarations sont reprises à des fins bien évidemment partisanes par Eric Zemmour qui déclare que les Arabes doivent d’abord s’excuser de la colonisation de l’Algérie avant la France. Or si on regarde de façon objective l’histoire on peut affirmer aisément que le Maghreb est totalement indépendant depuis le 8e siècle et non l’inverse.

Tout commence à la fin des années 730 lorsque les dirigeants Arabes de la dynastie Omeyyade, décident d’imposer aux populations Imazighen la jizya (62) alors que celles-ci étaient déjà musulmanes. Un homme Amazigh, du nom de Maysara, va se rendre à Damas auprès du Calif Omeyyade, avec une délégation de Maghrébins, afin de présenter ses plaintes face à cette décision contraire aux principes de l’Islam (63).

Ces plaintes ne seront pas entendues et pire encore, le gouverneur Arabe du Maghreb, Obeid Allah, va augmenter la pression fiscale sur les Berbères et mettre en place des dispositifs inventifs pour leur extraire encore plus de revenus. Les Imazighen de l’Ouest du Maghreb vont s’unir autour de Maysara et prendre les armes en l’an 740 contre les Omeyyades. La première ville qui tombera sera Tanger où son gouverneur, Omar al Moradi sera mise à mort, puis se sera tout l’Ouest du Maghreb qui tombera (64).

Entre 740 et 743 la révolte va toucher le centre du Maghreb par l’intermédiaire d’un autre chef Amazigh : Khalid Zenati. Pour le combattre les Omeyyades vont dépêcher en renfort leurs troupes d’élites depuis Damas (plus de 30 000 hommes) ; l’affrontement verra encore une fois la victoire des Berbères. Sur 40 000 soldats Omeyyades, 38 000 y seront tués. Avec cette victoire, deux tiers du Maghreb deviendra totalement indépendant du pouvoir Omeyyade qui perdra sa première province.

La Tunisie actuelle sera également en proie à la révolte entre 767 et 776 et les dynasties Omeyyades puis Abbassides y furent vaincues par un chef issu de la tribu des Aït Yefren, le dénommé Abu Qurra, qui fondera ensuite la ville de Tlemcen ainsi que le premier grand état Berbère musulman (65)(66).

Cette indépendance totale du Maghreb dès le 8e siècle vis-à-vis de l’Orient va perdurer jusqu’à nos jours. Le royaume Idrisside, comme Ibn Khaldoun le démontre ainsi que d’autres historiens après lui, ne sera qu’un royaume purement Amazigh dans sa structure et dans son fonctionnement (66).

4.6 – Les grandes dynasties musulmanes du Maghreb

Le Moyen-Âge va être l’époque la plus glorieuse du Maghreb Islamique. En plus d’être indépendant, les Imazighen vont bâtir des nations prospères sur tous les plans, grâce à l’Islam, ce qui vient contredire tout le discours des berbéristes hostiles à cette religion.

Nous pouvons citer dans l’ordre chronologique quelques-unes de ces dynasties :

–          Les Zirides

–          Les Almoravides

–          Les Almohades

–          Les Hafsides

–          Les Zianides

–          Les Mérinides

Les Zirides seront les premiers à unifier tout le Maghreb sous la même bannière et autour d’une dynastie Amazigh puissante. Ils fonderont la ville d’Alger en 960 (73) et lui donneront son nom (dérivé de Ziri, le fondateur de la dynastie qui donnera Dzayer donc « Algérie »)(74). Les Zirides s’étendront du Maroc actuel à la Libye. Leur Empire sera pour les Berbères le plus prospère économiquement durant le Moyen-Âge.

Ensuite, les Almoravides vont mettre fin aux dernières poches de paganisme des Maghrébins en les unifiant sous la même doctrine orthodoxe (67). Ils vaincront toutes les armées Européennes en Andalousie et feront de leur monnaie la plus utilisée dans tout le bassin méditerranéen. Ils fonderont Marrakech qui deviendra capitale du Maghreb et centre de savoir ; les Almohades vont réussir quant à eux à réunifier tout le Maghreb, de la Mauritanie à la Libye sous la même bannière. Après avoir choisi une doctrine religieuse non orthodoxe, ils reviendront à celle de leur prédécesseur Almoravide (68). Cette période sera marquée par l’essor d’immenses savants Maghrébins en médecine, en ingénierie, en littérature ou en religion. Des édifices somptueux seront construits dans tout le Maghreb, dans un style Mauresque poussé à la perfection… et tout cela sous des dynasties Berbères qui régissaient leur terre à travers l’Islam et ses principes.     

4.7 – La bataille de Sétif du 27 avril 1153

Le 11e et 12e siècles verront l’arrivée de populations Arabes qui s’y installeront de façon définitive ; il s’agit notamment de l’arrivée des Banu Hilal. Ces derniers tenteront de prendre le pouvoir au Maghreb central ce qui entraînera une grande bataille qui opposera l’armée Almohade, composée de 30 000 Berbères contre l’armée des Banu Hilal composée de 60 000 Arabes. La bataille a eu  lieu à Sétif en 1153 et verra la victoire des Almohades (69).

Les Banu Hilal furent mis en déroute et laissèrent leurs familles, troupeaux et mobiliers ; ces derniers furent saisis par les Berbères comme butin de guerre. Les rescapés de l’armée Hilalienne furent mis sous captivité puis utilisés par les Almohades comme fantassins dans leur armée ou personnels dans leur administration (69)(70).

Pourquoi évoquer une simple bataille dans les neuf faits historiques marquants que tout Maghrébin doit connaître ?

Tout simplement car l’arrivée des Banu Hilal a été le fruit de beaucoup de fantasme de par leur nombre qui a été exagéré (41) (42) et leur rôle politique qui dans les faits a été inexistant car ils n’ont jamais pris le pouvoir à cause de l’émergence des Almohades (69)(70).

4.8 – La régression du Maghreb et l’arrivée des Européens

Avec une telle histoire on est en droit de se demander comment le Maghreb a-t-il pu être mis en déroute de cette manière au 19e siècle par les Européens ?

La réponse est simple : à cause des Maghrébins eux-mêmes qui dès le début de la Renaissance Européenne, prirent le chemin inverse : divisions politiques et guerres civiles successives entraineront une réduction de l’activité économique et donc du niveau de vie des habitants. La conséquence directe de cette situation entraînera la fin des productions intellectuelles, technologiques et scientifiques ainsi que l’effondrement de la civilisation. L’écrivain Malek Bennabi dira même cette phrase criante de vérité : « à partir du 15e siècle le Maghreb ne produira plus rien »(72).

Durant le même moment les Européens vont bâtir des nations fortes et unies sous la même bannière et développer l’enseignement et la recherche. Au 19e siècle ils ne feront que ce que toute grande nation au cours de l’histoire a fait sur des nations plus faibles : les conquérir.

C’est pourquoi le Maghrébin au fait de son histoire doit d’abord pointer du doigt ses aînés qui durant des siècles se sont entre-déchirés et affaiblis et qui représentent la cause principale de la colonisation et non pointer du doigt (souvent victimaire) les conséquences de leur comportement à savoir la colonisation Européenne même aussi ignoble fut-elle.

4.9 – L’indépendance du Maghreb et l’essor du panarabisme

Au lendemain des indépendances, les Etats Maghrébins vont rester divisés bien qu’auparavant l’objectif des indépendantistes était de créer un seul et unique Etat. La période de décolonisation était celle du panarabisme, courant qui voulait créer une nation Arabe unie et forte après les indépendances (75).

Le panarabisme se caractérisait par l’application de solutions calquées sur le modèle communistes à des populations totalement différentes ce qui a provoqué son échec sur le plan économique mais aussi politique. Les Etats Maghrébins, arabophones et ayant une certaine proximité avec ceux du Moyen-Orient, avait opté pour cette idéologie mais qui se soldera également par un échec.

Bien que l’idée d’unir les nations dîtes Arabes, dans un contexte de décolonisation et de conflit  Israélo-Palestinien, pour les renforcer fut une idée attrayante, elle posa de nombreux problèmes à la société Maghrébine.

En effet, elle s’appliqua non pas en complément de la culture et de l’histoire locale mais en opposition ; le caractère Amazigh de la culture Maghrébine, de ses us et coutumes, de ses traditions et de ses langues furent jetés aux oubliettes or il était impossible de renier 20 000 d’histoires aussi rapidement.

Les années 2000 vont véritablement marquer la fin de cette politique au Maroc puis en Algérie avec la reconnaissance du caractère Amazigh de ces pays au sein de leurs constitutions, la reconnaissance de leur langue et de leur patrimoine (exemple : Yennayer est devenu jour férié en Algérie ; le Maroc a généralisé l’enseignement du Tamazight dans toutes les institutions du pays…). Toutefois ces mesures récentes  sont encore timides comparées aux moyens mis en place pendant 50 ans pour enseigner aux jeunes générations de Maghrébins le fait qu’ils soient uniquement des Arabes. Cela a donc créé un problème identitaire au Maghreb.

5- L’identité des Maghrébins : comment la définir ?

5.1- Sur quoi se base l’identité ?

L’identité d’un individu et par extension d’un peuple repose sur plusieurs critères : ses origines ethniques, son histoire, sa culture, sa langue… Il serait hasardeux de définir son identité uniquement sur un seul critère, chose que certains Maghrébins font aujourd’hui. Il s’agit d’un tout, d’un package, qui détermine l’identité d’un homme. A l’échelle d’un peuple et d’une nation, ce package doit être plus ou moins commun ou très proche entre les individus, car cela provoque un sentiment d’appartenance commune à une même chose, comme l’explique si bien l’anthropologue Ibn Khaldoun dans son discours sur l’histoire universelle (71).

L’esprit de corps, que l’on pourrait appeler aujourd’hui comme nationalisme ou tribalisme n’est absolument pas interdit par l’Islam, qui est venu rendre illicite uniquement ses aspects négatifs au même titre que la colère ou la fermeté qui sont dans certaines circonstances illicites et dans d’autres licites et même fondamentales (71). C’est pourquoi Ibn Khaldoun était arrivé à la conclusion « qu’une civilisation ne peut émerger que dans une nation homogène ethniquement, car celle-ci est composée d’un esprit de corps puissant qui pousse à la fraternité des individus et à leur entraide »(71).

5.2- La question de l’origine ethnique

Nous pouvons définir notre origine ethnique simplement, en se référant à nos parents et nos grands-parents.

Toutefois, depuis quelques années, beaucoup de Maghrébins ont décidé de réaliser des tests ADN afin d’en savoir plus sur leurs origines. Certains se basent uniquement sur ces données pour définir leur identité ce qui est un contre sens total et d’autres les renient totalement ce qui est également un contre sens. La bonne posture est selon nous celle du juste milieu que nous allons évoquer ci-dessous.

Définition de la génétique :

Il s’agit de la science qui étudie la transmission de caractères héréditaires ; les gènes se transmettent de générations en générations à travers l’ADN.

Les tests ADN nous livrent donc deux types d’informations : les haplogroupes qui permettent de déterminer l’origine paternelle (ou maternelle) de nos gènes; les autosomes qui permettent de donner une estimation (souvent peu précise) de la composition raciale de nos ancêtres.

Définition des haplogroupes :

Le plus généralement, c’est le résultat de l’haplogroupe qui permet d’avoir une donnée sur l’origine d’un de nos ancêtres du côté paternel. Etant donné que génétiquement c’est le père qui va déterminer le sexe de l’enfant en lui donnant soit un chromosome X (garçon) soit un chromosome Y (fille), on peut remonter l’origine paternel d’un individu par ce biais. Il faut donc retenir que l’haplogroupe détermine une lignée mais pas l’origine de tous nos ancêtres.

Comment lire son test ADN sur l’origine :

Les haplogroupes peuvent subir des mutations au fil des années. Autrement dit, on peut avoir le même haplogroupe que son père ou son grand-père mais un haplogroupe légèrement différent de son ancêtre du 17e siècle toutefois ces mutations sont liées entre elles et font partie d’une même famille.

Concrètement, l’haplogroupe le plus ancien que tous les êtres-humain possèdent est nommé « haplogroupe A » ; il est présent en chacun de nous mais a subi plusieurs mutations au cours de l’histoire et chaque mutation a donné lui à la création de sous-catégories : les haplogroupe B, C, D, E…(92)

Ce qui va nous intéresser dans cet article sont les haplogroupes E (très présent en Afrique et notamment au Maghreb), J (présent au Moyen-Orient) et R (présent en Europe).

L’haplogroupe E :

Ils se subdivisent en une multitude de branches mais trois d’entre elles sont caractéristiques des habitants autochtones de l’Afrique du Nord : l’EM81 qui est majoritaire au Maghreb et qu’on associe aux Berbères (il représente plus de deux tiers des Maghrébins) ; l’EM78 également d’origine Maghrébine (cet haplogroupe est devenu minoritaire au Maghreb mais reste d’origine autochtone) ; l’EM123 également de souche Nord-Africaine mais peu présent.

Des études sur des échantillons ont été réalisées dans plusieurs régions du Maghreb ; en fonction des localités le gène Berbère était à chaque fois très majoritaire atteignant parfois près de 90% dans des zones côtières (76)(77) (86) mais globalement les résultats varient entre 60% à 100%.

Par conséquent on peut donc dire qu’ethniquement les Maghrébins sont homogènes et ne sont pas issus d’un métissage généralisé entre Phéniciens, Turcs, Arabes, Andalous… comme veulent l’affirmer certains esprits malintentionnés toutefois nous n’avions pas besoin de la génétique pour le dire ; en effet l’étude de l’histoire du Maghreb que nous avons évoqué succinctement dans la partie précédente ainsi que l’étude de l’anthropologie de l’Afrique du Nord nous l’ont déjà démontré.

5.3- La question de la culture

Comme l’a si bien décrit l’intellectuel Maghrébin Malek Bennabi, la culture ne se limite pas à l’art, la musique, la cuisine ou la mode. Elle englobe le mode de vie, les comportements, les us et coutumes, l’origine, l’histoire…(78)

Les Maghrébins d’aujourd’hui, qu’ils soient arabophones ou berbérophones ont pratiquement la même culture, partagent les mêmes us et coutumes, ont la même gastronomie et respectent les même codes sociaux. Cela vient donc confirmer le caractère homogène des Maghrébins en tant que peuple.

Nous savons qu’au cours de l’histoire d’autres peuples se sont installés au Maghreb, principalement les Arabes à partir du 11e et 12e siècle de notre ère et les Européens d’abord durant l’Antiquité mais surtout après la Reconquista qui a eu lieu à la fin du Moyen-Âge. Ces peuples ont intégré un monde majoritairement Berbère ou plutôt un moule Berbère. Au fil des années, ces Arabes et ces Européens se sont soient mélangés aux autochtones, soient ont adopté leur culture et l’ont enrichi avec la leur.

Nous pouvons dire, en toute objectivité que ces Maghrébins d’origine ethnique Arabe ou Européenne, ne parlent plus l’Arabe du Moyen-Orient, le Latin ou l’Espagnol et surtout n’ont plus la même culture liée à leurs origines ethniques. Prenons l’exemple d’un Maghrébin arabophone de Tunis et d’haplogroupe J1 (c’est-à-dire du Moyen-Orient), il sera culturellement plus proche d’un Amazigh berbérophone d’haplogroupe EM81 d’Agadir que d’un Qatari ou d’un Saoudien et cela dans tous les domaines.

Pourquoi ? Car ces populations exogènes qui se sont installées au Maghreb ont intégré un monde majoritairement Berbère et ont donc évolué dans ce moule. On peut prendre le cas inverse, avec les Berbères Kutamas et Sanhadjas qui ont fondé la dynastie Fatimide durant le Moyen-Âge.

Ces populations ont conquis l’Egypte puis tout le Proche-Orient ainsi qu’une partie de la péninsule Arabique. Si demain, un habitant de La Mecque réalise son test ADN et voit qu’il dispose d’un haplogroupe Berbère, ce dernier ne peut pas être considéré comme tel car en 1000 ans son ancêtre Maghrébin et sa descendance se sont installés dans une terre majoritairement Arabe et ont évolué dans ce moule civilisationnel puis ont intégré sa culture, ses us et coutumes, son mode de vie…

Par conséquent ces réalités historiques viennent d’une part contredire les personnes qui réduisent l’identité d’un individu qu’aux haplogroupes et d’autres par viennent contredire ceux qui nient l’existence d’une population autochtone au Maghreb qui a été et qui est encore aujourd’hui majoritaire, à savoir celle des Imazighen.

5.3- La question de la langue

Aujourd’hui les Maghrébins ont deux langues maternelles : certains sont berbérophones, d’autres arabophones. Les arabophones parlent un Arabe Maghrébin que l’on connait sous le nom de darija. Ce dialecte est issu de la langue Arabe classique mais a incorporé des mots Berbères puis Français qui ont été arabisés.

La langue qu’un individu parle ne détermine en rien son origine et sa culture car nous venons de voir que celles-ci sont identiques pour les berbérophones et les arabophones Maghrébins. Nous pouvons prendre l’exemple de l’Oranie pour expliciter ce point. Cette région est aujourd’hui à majorité arabophone depuis plusieurs décennies, pourtant les fêtes Amazigh comme Yennayer y sont fêtées par l’écrasante majorité de la population et les femmes âgées portent toutes les tatouages Berbères sur leurs visages ce qui témoigne de la présence de la culture Amazigh et de l’origine Amazigh de ses habitants qui font perdurer ce que leurs aïeux leur ont laissé.

Pour revenir à la diffusion de la langue Arabe au Maghreb, celle-ci a pris du temps et s’est réalisée en plusieurs étapes. La première des causes à sa diffusion réside dans le fait que la langue Arabe est intrinsèquement liée à l’Islam car langue du Coran et de la Sunna. Par conséquent avec la diffusion de l’Islam elle est devenue une langue universelle propre aux musulmans dans la mesure où elle les relie à leur foi. Le Maghreb a été au cours de son histoire islamique défenseur de cette nouvelle foi en Occident musulman ; son peuple a conquis des territoires en son nom, bâti des madrasas et des universités islamiques, propagé l’enseignement de la religion(16) (17) (68)… et tous ces facteurs ont contribué à la diffusion de la langue.

Par la suite, la colonisation Européenne (on peut citer l’établissement des « bureaux arabes » dès 1844 par la France) (79)(80)(81)puis la politique panarabiste après les indépendances ont grandement contribué à généraliser l’usage unique de la langue Arabe (82).

Pour le simple cas de l’Algérie indépendante, nous pouvons citer plus de 31 lois, décrets ou ordonnances obligeant l’arabisation du pays (82) et d’autres dispositions légales visant à interdire l’usage du Tamazight et de toutes les autre langues (exemple : la loi n°91-05 du 16 janvier 1991 portant sur la généralisation de la langue arabe et ses articles 5 et 6). Nous retrouvons les mêmes dispositions au Maroc, en Tunisie ou en Libye. Ces mesures se sont accompagnées d’une négation totale du fait Amazigh au Maghreb (83)(84) et l’ironie de l’histoire c’est que les dirigeants qui ont mis en place ces mesures sont d’origines Berbères et arabisés (l’exemple de Houari Boumediene, Président de l’Algérie de 1965 à 1979 en est l’exemple le plus marquant).

Depuis les années 2000 le fait linguistique Amazigh ainsi que son pendant culturel et civilisationnel est entièrement reconnu en Algérie(89), au Maroc (90) et depuis peu en Libye (91).

La langue Arabe au Maghreb est donc intrinsèquement liée à l’Islam et constitue un enrichissement culturel indispensable car contrairement à ce que défendent certains berbéristes, l’Islam fait partie de notre identité et c’est donc la langue Arabe qui nous relie à cette religion.

L’erreur du courant panarabiste a été de vouloir diffuser la langue Arabe au détriment du Tamazight (au lieu de promouvoir les deux langues) et de vouloir faire des Maghrébins des populations Arabes au détriment de leurs véritables origines. C’est pourquoi durant les années 60 et 70, l’anthropologie a été interdite car jugée comme étant une « science coloniale », ce qui est aberrant quand on sait que l’inventeur de cette science moderne n’est autre qu’Ibn Khaldoun (85).

5.4- Que dire face à l’affirmation : celui qui parle arabe est arabe

Un des arguments des Maghrébins  qui affirment que le Maghreb n’est plus Amazigh (ou juste en partie) est de dire que « celui qui parle arabe est arabe » ; cette affirmation n’est pas innocente car étant donné que la majorité des Maghrébins sont aujourd’hui plus ou moins arabophones, cela reviendrait à dire que le Maghreb est Arabe dans sa globalité.

Partons du postulat de départ que cela soit correcte ; dans ce cas, la majorité de la diaspora Maghrébine de France qui ne parlent ni l’Arabe ni le Berbère n’est plus Maghrébine mais Française et appartiendrait au peuple Germain des Francs et de leur premier roi Clovis. Pareil pour les Subsahariens de l’hexagone où le phénomène de la perte de la langue est encore plus marqué : ces derniers ne serait plus Peuls ou Bambaras mais Germains.

Autre exemple qui réfute cet argument, l’Irlande. Ces derniers sont des Celtes avec leur langue d’origine le Gaélique. Au cours de l’histoire ils ont subi 700 ans de colonisation Britannique qui a abouti à de nombreuses guerres, jusqu’à l’indépendance de l’Irlande au début du 20e siècle. Aujourd’hui l’écrasante majorité des Irlandais est Anglophone toutefois aucun d’entre eux ne se considère comme Anglo-Saxon bien au contraire. Tous les Irlandais se considèrent comme Celtes et cela est inscrit dans leur constitution.

Cela confirme donc notre postulat de départ à savoir que l’identité repose sur un ensemble de choses communes qu’un peuple partage et s’identifie. Réduire toute une identité à une langue, en occultant son histoire, ses origines et sa culture est un non-sens tout comme réduire son identité uniquement à test ADN réalisé dans un laboratoire.

Il est important de préciser néanmoins que la place de la langue chez un peuple reste une donnée importante et que les Maghrébins doivent apprendre, parler et promouvoir le Tamazight qui les lie à leurs ancêtres et l’Arabe qui les lie à leur foi.

CONCLUSION :

L’identité des Maghrébins est visible de tous car elle s’appuie sur des similitudes communes que nous retrouvons dans chacune de nos régions. Nous pouvons dire que l’identité autochtone des Maghrébins est l’identité Berbère et qu’encore aujourd’hui celle-ci perdure. Cette identité a bien évidemment été enrichie notamment par les Arabes puis les Andalous musulmans qui s’y sont installées durant le Moyen-Âge.

Toutefois le Maghreb a une particularité par rapport à d’autres régions du monde : malgré de nombreuses zones de littoral et d’échanges avec l’extérieur, il a su préserver son homogénéité ethnique et culturelle durant plusieurs milliers d’années. L’endogamie des populations Imazighen (87) et leur attachement à leur langue d’origine et à leur culture ont joué un grand rôle dans cette préservation (88).

 

Références :

(1) : Awal, no 31/2005: Anthropologie et subjectivité, Numéros 31 à 32, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Paris, 2005

(2) : The Berbers, by Geo. Babington Michell, 1903, p. 161

(3) : Edward Lipiński, Itineraria Phoenicia, p. 200 version en ligne du livre ici : https://books.google.fr/books?id=SLSzNfdcqfoC&pg=PA200&dq=Itineraria+Phoenicia+Ifren&sig=opSH-an97IhmB6GtJjMvn7bt4tc#v=onepage&q=Itineraria%20Phoenicia%20Ifren&f=false

(4) : Michael Brett, « Berber », Encyclopedia Britannica,‎ 27 mai 1999 : https://www.britannica.com/topic/Berber

(5) : https://mobile.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/sur-l-identite-des-egyptiens-177219

(6) : http://lemaghrebinpenseur.com/crt/

(7) : « Carthage », éditions Fayard, Serge Lancel

(8) : « la saga des rois Numides », éditions Broché, Messaoud Djennas

(9) : « le Sultan du Maghreb », éditions Ribat, Issa Meyer

(10) : « l’ordre des Almohades », éditions Tempus, Mehdi Ghouirgate

(11) : « Tlemcen, ses rois Zianides et son patrimoine, éditions Zaki Bouzid, Abdelaziz Ferrah

(12) : « les premiers sultans Mérinides », éditions Harmattan, Ahmed Khaneboubi

(13) : « Almuqadima », éditions thesaurus, Ibn Khaldoun

(14) : Rapporté par l’imam Muslim

(15) : « la conquête musulmane de l’Afrique du Nord », éditions Ribat, Agha Ibrahim Akran

(16) : « Tariq ibn Ziyad et la conquête de l’Andalousie, éditions al bayyinah

(17) : « le Sultan du Maghreb », éditions Ribat, Issa Meyer

(18) : Rym Kéfi, Alain Stévanovitch, Eric Bouzaid, Eliane Béraud-Colomb, « Diversité mitochondriale de la population de Taforalt (12.000 ans BP – Maroc) : une approche génétique à l’étude du peuplement de l’Afrique du Nord », Anthropologie, Volume 43/1, 2005, pp. 1-11

(19) : Lazaridis et al., 2018, BioRxiv, Paleolithic DNA from the Caucasus reveals core of West Eurasian ancestry [archive], doi: https://doi.org/10.1101/423079

(20) : Abderrazak Gragueb et Gabriel Camps, Atlas préhistorique de la Tunisie : Tunis, FeniXX réédition numérique, 31 décembre 1986

(21) : Ministère de la Culture algérien, Le schéma directeur des zones archéologiques et historiques, août 2007

(22) : http://secher.bernard.free.fr/blog/index.php?post/2018/03/16/G%C3%A9nomes-Ib%C3%A9romaurusiens-du-Maroc

(23) : Mohamed Sahnouni, Le paléolithique en Afrique: l’histoire la plus longue, Artcom’, 2005

(24) : Simone Mulazzani, Le Capsien De Hergla (Tunisie): Culture, Environnement Et Economie, Africa Magna Verlag, mai 2013

(25) : Noura Rahmani, « Technological and Cultural Change Among the Last Hunter-Gatherers of the Maghreb: The Capsian (10,000–6000 B.P.) », Journal of World Prehistory, vol. 18, no 1,‎ 1er mars 2004, p. 57–105

(26) : Malika Hachid, « La plus ancienne écriture de l’Afrique du Nord, le lybique, a plus de 3000 ans d’âge », Aux origines de tifinagh,‎ février 2002

(27) : Mother Tongue : Journal of the Association for the Study of Language in Prehistory, The Association, 2002 p. 125 : https://books.google.fr/books?id=UW5iAAAAMAAJ

(28) : thèse soutenu par des chercheurs Maghrébins mais aussi Occidentaux tel que Nicholas Wade dans son ouvrage « l’histoire perdue de nos ancêtres », consultable sur ce lien : https://books.google.fr/books?id=ZMDMnUn00DUC&pg=PT210#v=onepage&q&f=false

(29) : Bernadette Cailler, Carthage ou la flamme du brasier
(30) : Histoire de Carthage (Université de Gand)

(31) : « L’identité Carthaginoise», Les Cahiers de Science & Vie, n.104, mai 2008, p. 25
(32) : Histoire ancienne de l’Afrique du Nord, volume IV, chapitre : la civilisation Carthaginoise de l’historien et archéologue Français Stéphane Gseli (parution en 1920).
(33) : Alain Bertrand, L’Archémythe des Amazones, 6 décembre 2014

(34) : « le Sultan du Maghreb », éditions Ribat, Issa Meyer

(35) : Selon le « Tarikh el-Fettash », chapitre XIV : « L’askia Ishaq II », page 263 de la traduction de Houdas.

(36) : Sa’adi, « Tarikh es-Soudan », chapitre 22, page 217.

(37) : Abitbol, « Histoire Générale de l’Afrique », (tome V)

(38) : Sparks, Randy J. (trad. de l’anglais par Marie-Anne de Béru et Myriam Dennehy), « Là où les nègres sont maîtres : Un port africain au temps de la traite » [« Where The Negroes Are Masters : An African Port in the Erea of the Slave Trade »], Paris, Alma Editeur, 2017,

(39) : Grenouilleau Olivier, « Quand les Européens découvraient l’Afrique intérieure», Paris, Tallandier, 2017, (40) : Bouchène 2012 – Chapitre I : « 1830 – 1880 – La conquête coloniale et la résistance des Algériens » Section : L’Algérie dans l’Empire ottoman : un État d’empire.

(41) : « Les invasions Hilalienes en Ifriqiya », François Decret, professeur honoraire des universités

(42) : « Histoire du Maghreb », Abdallah Laroui, éditions la découverte (1982)

(43) : « La Berbérie musulmane et l’Orient au Moyen-Âge », Georges Marçais, éditions Aubier (1946)

(44) : « L’Afrique romaine et libyco-berbère », Jean Desanges dans Rome et la conquête du monde méditerranéen, pages 627 à 656

(45) : « La conquête musulmane de l’Afrique du Nord », éditions Ribat, Agha Ibrahim Akran

(46) : « Histoire de Carthage » (Université de Gand) ; consultable sur internet

(47) : « L’identité Carthaginoise», Les Cahiers de Science & Vie, no 104, mai 2008, p. 25

(48) : http://lemaghrebinpenseur.com/crt/

(49) : « Appien, Libyca, 2 » de l’auteur Grec Homère

(50) : Tite-Live : « Ab urbe condita », vol. VIII, livres xxviii-xxx, pp. 73-99, 173-225, 405-421

(51) : Polybe (trad. Félix Bouchot), « Histoire générale »

(52) : Salluste, « La Guerre de Jugurtha » (traduction Nicolas Ghiglion), Éditions Allia, 2017

(53) : Mounir Bouchenaki (archéologue et historien), « Jugurtha, un roi berbère et sa guerre contre Rome », dans Collection « Les Africains », Jeune Afrique Éditions, Paris 1977

(54) : Tacite, « Annales », II, 52

(55) : Anne Daguet-Gagey, « Septime Sévère », éditions Payot, 2000

(56) : Anthony R. Birley, “Septimius Severus: The African Emperor”, Londres, Routledge, 2000

(57) : http://lemaghrebinpenseur.com/lempire-romaine-dirige-par-des-maghrebins-la-dynastie-des-severes/

(58) : « la conquête musulmane de l’afrique du nord », édition Ribat

(59) : « Tariq ibn Zyad et la conquête de l’Andalousie » aux éditions al-Bayyinah

(60) : André Clot, « L’Espagne musulmane », éd. Perrin, Paris, 2004, p. 19

(61) : Thomas F. Glick, “Islamic And Christian Spain in the Early Middle Ages”, BRILL, 2005

(62) : Jizya = impôt symbolique que les non-musulmans payaient en terre d’Islam afin d’être protégés par les autorités de toutes agressions extérieures. Etant donné que le service militaire et l’effort de guerre pour protéger le pays étaient du devoir de chaque musulman en contrepartie les non-musulmans apportaient une participation pécuniaire. Les musulmans avaient une autre obligation fiscale : la zakat dont été dispensé les non-musulman déjà assujettis à la Jizya.

(63) : Khalid Yahya Blankinship, “The Reign of Hisham Ibn ‘Abd Al-Malik and the Collapse of the Umayyads”, SUNY Press, 1994

(64) : Ibn Khaldoun (trad. William Mac Guckin de Slane), « Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l’Afrique », vol. 1, Alger, Imprimerie du Gouvernement, 1852

(65) : Abd al-Wahid Dhannun Taha, “The Muslim conquest and settlement of North Africa and Spain”, London, Routledge, 1989

(66) : Ibn Khaldoun, « Al-Muqaddima » (discours sur l’histoire universelle), collection thésaurus

(67) : « le Sultan du Maghreb », éditions Ribat, Issa Meyer

(68) : «l’ordre Almohade», Mehdi Ghouirgate, éditions Broché

(69) : Mathieu Guidère, « Le retour du califat », Éditions Gallimard, 9 mars 2016

(70) : Ibn al-Athîr, » Annales du Maghreb et de l’Espagne : Guerre entre ‘Abd el-Mou’min et les Arabes », Revue Africaine, (1901)

(71) : Ibn Khaldoun, « Al-Muqaddima » (discours sur l’histoire universelle), collection Thésaurus

(72) : « le problème de la culture », Malek Bennabi, édtions Tawhid

(73) : Ibn Khaldoun, op. cit., vol. 2  « Notice des Sanhadja de la première race, histoire de leur empire » : https://books.google.fr/books?id=7sLjxy3gq2EC&pg=PA5#v=onepage&q&f=false

(74) : Une expérience éditoriale en Algérie : 1996-2001, vol. 2, Paris, Éditions L’Harmattan, 2006 ; « Hypothèse sur le toponyme El Djazaïr »

(75) : https://www.persee.fr/doc/efr_0000-0000_1987_act_95_1_2896

(76) : https://genographic.nationalgeographic.com/reference-populations-next-gen/

(77) : Bekada et al.2013 : « introducing the algerian mitochondrial DNA & Y chromosom profiles into the north african landscape »

(78) : « le problème de la culture », éditions Tawhid, Malek Bennabi

(79) : « Recueil des actes du gouvernement de l’Algérie. 1830-1854 », Imprimerie du Gouvernement, 1er janvier 1856

(80) : Claude Collot, « Les institutions de l’Algérie durant la période coloniale (1830-1962) », Éditions du CNRS et Office des Publications Universitaires (OPU), 1987

(81) : Jacques Frémeaux, « Les bureaux arabes dans l’Algérie de la conquête », éditions Denoël, 1993

(82) : http://www.axl.cefan.ulaval.ca/afrique/algerie-3Politique_ling.htm

(83) : https://www.youtube.com/watch?v=V3CMrmOx7mw

(84) : https://www.youtube.com/watch?v=ZfGw4L9IBIw&t=44s

(85) : https://ouvrages.crasc.dz/index.php/fr/34-l%E2%80%99alg%C3%A9rie-50-ans-apr%C3%A8s-etat-des-savoirs-en-sciences-sociales-et-humaines/253-l%E2%80%99anthropologie-et-les-sciences-sociales-en-alg%C3%A9rie-%C3%A9l%C3%A9ments-pour-un-bilan

(86) : https://www.lematindz.net/news/23008-la-genetique-a-tranche-des-pays-arabes-pas-si-arabes-ladn-nord-africain-present-sur-quatre-continents.html

(87) : « exemple d’une étude hémotypologique des populations berbères de M’Sirda-Fouaga (Nord-Ouest Oranais) réalisée par trois chercheurs Français » : https://www.persee.fr/doc/bmsap_0037-8984_1962_num_3_3_1196

(88) : Ibn Khaldoun, « Al-Muqaddima » (discours sur l’histoire universelle), collection Thésaurus

(89) : émission « Yennayer 2968: Assegwas Ameggaz », almagharibiya https://www.youtube.com/watch?v=bIFXaDUAgjE

(90) : tamazight langue officiel au Maroc : https://www.youtube.com/watch?v=zv8jBO59_uU

(91) : Libye, le Tamazight de nouveau enseigné : https://www.youtube.com/watch?v=Cx6SwHa3ho0

(92) : L’haplotree d’Yfull : https://www.yfull.com/tree/

(93) : “ linguistic and archaeological evidence for Berber prehistory” : https://www.yumpu.com/en/document/read/25827302/linguistic-and-archaeological-evidence-for-berber-roger-blench

(94) : sourate 43 verset : “nous avons fait un Coran (en langue) Arabe afin que vous raisonniez »

(95) : la place centrale de la langue Arabe dans la transmission du message divin est aussi confirmée par les autres versets suivants du saint-Coran : sourate 13 verset 37 ; sourate 12 verset 2 ; sourate 39 verset 27-28 ; sourate 41 verset 44 ; sourate 26 verset 193-195 ; sourate 42 verset 7 ; sourate 16 verset 103 ; sourate 20 verset 113

(96) : Ernest Gellner, « Islam : société et communauté. Anthropologies du Mahgreb », paris, Éditions CNRS, 1981

(97) : Oliver, Roland, Fagan, Brian M, « Africa in the Iron Age: c. 500 B.C. to A.D. 1400”, Cambridge, Cambridge University Press, 1975, p. 47

(98) : « The Cambridge History of North Africa and the people between them as the Egyptians”, p. 141

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