Lorsque les Marocains écrasaient les puissances Européennes venues les coloniser

1 – Le Maroc au début du 20e siècle

Le nord du Maroc fut convoité par les Espagnols et les Français au 19e siècle malgré le traité de Madrid en 1912 signé entre les deux puissances Européennes, octroyant le Nord du royaume Marocain aux Espagnols. En effet, les Français souhaitaient étendre leurs possessions à la région de Tanger, ce qui poussa les Espagnols investir militairement la ville.

Cette présence militaire étrangère ne fut pas du goût des Marocains et notamment de Mohamed el Raisuni. Il va d’ailleurs monter une armée avec les tribus de Tanger et Tétouan pour combattre l’Espagne dans de nombreuses batailles sanglantes. Malheureusement il sera vaincu et le Maroc offrira un nombre important de martyrs dans sa quête d’indépendance.

Le sacrifice d’el Raisuni ne vas pas rester lettre morte. Dans la région voisine du Rif, un homme va s’inspirer de la guérilla menée par son compatriote Tangerois pour monter une véritable armée de Berbères Rifis extrêmement déterminés et mieux organisés.

Les Rif vont même nommés leur force « l’armée de libération du monde musulman » et désigner leur leader : le très charismatique Abdelkrim el Khattabi .

 

2 – La bataille d’Anoual : l’héroïsme à l’état pur

Prévenu de cette agitation les Espagnols vont mobiliser une puissante armée de 60 000 hommes dirigée par le sinistre général Fernandez Silvestre. L’affrontement aura lieu le 21 juillet 1921 à Anoual où les Marocains seront deux fois moins nombreux. Il s’agira de la plus grande humiliation de l’armée espagnol qui sera écrasée par les troupes marocaines avec un bilan très lourd : 12 000 tués et de nombreux prisonniers.

Abdelkrim el Khattabi et ses hommes vont mettre la main sur un impressionnant stock d’armes mais ce n’est pas tout. Les Espagnols vont fuir l’arrière-pays marocain et tourner le dos aux Rif. Le général Fernandez Sylvestre va même se suicider, ne pouvant survivre moralement à cette défaite.

Cette victoire va permettre à Abdelkrim el Khatabi de créer la république indépendante du Rif qui sera doté d’un gouvernement et de plusieurs ministres ainsi que de sa propre administration.

 

3 – La république du Rif

Le génie d’Abdelkrim sera d’unifier les différentes tribus de la région autour de l’Islam où la nouvelle république sera régie par la loi islamique, plaçant le droit musulman avant le droit tribal.

Il va également mettre en place un système éducatif performant en s’appuyant sur les oulémas. De plus, il va structurer son armée en plusieurs bataillons afin de préparer les prochaines batailles.

Enfin, il est important de souligner qu’Abdelkrim el Khattabi sera toujours attaché à l’unité du Maroc, c’est pourquoi il va à plusieurs reprises renouveler son allégeance au roi du Maroc Moulay Youssef avec comme objectif d’étendre la révolte des Berbères à tout le royaume.

Le Sultan Youssef se montrera lui plus prudent pour engager une lutte armée sur tout le territoire.

 

4 – La guerre du Rif : 1921-1926

Après la bataille d’Anoual va s’ensuivre plusieurs batailles entre Espagnols et Marocains. Les colonisateurs resteront présents uniquement sur quatre grandes villes côtières du Nord telle Melilla qu’ils réussiront à garder avec l’intermédiaire du général Franco.

Cependant la mobilité des troupes Rifaines va infliger de nombreuses pertes aux Espagnols qui seront incapables durant toute la guerre du Rif d’y faire face.

Ces derniers vont donc utiliser une méthode nouvelle pour l’époque : le bombardement avec leur aviation des populations civiles au gaz moutarde. De nombreux civils vont être défigurés par ces attaques chimiques : enfants et femmes compris.

Malgré cela, les combattant d’Abdelkrim el Khattabi vont continuer à se battre et menacer les dernières possessions Espagnols avec de nouvelles victoires. Les colonisateurs vont même quémander un accord de paix avec les guerriers Marocains qui sera refusé.

Face à de tel succès, les hommes du Rif dont la force se nomme « armée de libération du monde musulman » vont attaquer les positions françaises du Maroc ce qui va provoquer une alliance franco-espagnole.

L’armée française va déployer une force de frappe jusque-là jamais vu : avions, légions étrangères, débarquement maritime, chars…

Le général français Lyautey va même déclarer face à la gravité de la situation : « face à la violence des Rifains il est impossible de rester dans cette situation sous peine, je le dis nettement, de perdre tout le Maroc ».

Il faudra plusieurs tentatives conjointes entre Français et Espagnols pour que Abdelkrim el Khattabi soit vaincu le 30 mai 1926 à Targuist. Il sera fait captif et envoyé sur l’île de la Réunion.

Malgré sa détention il va réussir à s’évader et à rejoindre (personne ne sait comment) l’Egypte pour y finir ses jours libres.

Conclusion

La révolte du Rif montre d’abord l’héroïsme et la bravoure du peuple Maghrébin qui ne se soumet jamais sans combattre férocement. Une poignée de Berbères ont pu vaincre les Espagnols et mettre en déroute la France en tuant plus de 10 000 de ses soldats ce qui ne donnera pas une victoire claire au Français.

Néanmoins il est important de constater que si nous souhaitons avoir un Maghreb fort demain, il faut que nous soyons unis. Car Abdelkrim el Khattabi n’aurait jamais été vaincu s’il aurait été plus soutenu par ses voisins.

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