La fête du Yennayer

Son origine

La fête de Yennayer (aussi appelée « Nayer » ou « Yennar » selon les régions), célébrée depuis de nombreux siècles par les Maghrébins qu’ils soient arabophones ou berbérophones au Maroc et en Algérie et de façon plus modérée en Libye et en Tunisie marque pour les Maghrébins la séparation entre les deux cycles solaires c’est-à-dire le passage des journées courtes dîtes « noires » (iberkanen) aux journées longues dîtes « blanches » (imellalen).  C’est durant cette période que les agriculteurs Maghrébins symbolisaient la rupture des provisions gardées pour l’hiver.

Il s’agit donc essentiellement d’une fête agraire et non d’un nouvel an du calendrier si l’on remonte à son origine. Toutefois avec le temps cette fête agricole a été associée à un nouvel an.

D’où vient son appellation ?

Deux versions s’affrontent à ce sujet :

La première donnerait l’explication de son appellation par le mariage des mots « Yen » qui veut dire « un » et « Ayyur » qui signifie « mois » ; littéralement cela signifierait donc « le premier mois (de l’année) ».

La deuxième version soutien l’hypothèse que les Maghrébins aient choisit d’établir leur propre calendrier agraire en le calquant sur celui du calendrier « Julien », qui est un calendrier solaire utilisé durant la Rome Antique avant d’être remplacé par le calendrier Grégorien qui est utilisé encore aujourd’hui. Le terme Yennayer viendrait donc selon cette hypothèse de « Ianuarius » c’est à dire Janvier.

Quel que soit la version, il est certain que le choix d’établir cette fête est bien le fruit du peuple Amazigh qui était durant l’Antiquité majoritairement agriculteur et qui a souhaité se baser sur un calendrier suivant le cycle agricole. Certains courants de pensées hostiles à l’identité autochtone du Maghreb tentent de faire croire que la fête du Yennayer célébrée par les Maghrébins serait une fête Romaine et non Amazigh, imposée par ces derniers et célébrant un dieu païen.

Ces arguments sont facilement réfutables dans la mesure où les régions du Maghreb qui n’ont pas connue la moindre présence Romaine fêtent encore aujourd’hui le Yennayer.

La date de Yennayer

Ce jour correspond selon les régions du Maghreb au 12 ou au 14 janvier. L’Algérie a décidé d’établir une date fixe (celle du 12 janvier) pour célébrer le Yennayer comme jour férié. Le Maroc s’apprête également à mettre en place cette même disposition.

Les célébrations du Yennayer

Elles varient selon les régions ; en général il s’agira soit de grands repas de famille avec des plats traditionnels Maghrébins, soit des moments de dégustations de mets traditionnels autour d’un thé à la menthe accompagné de cacahuètes et de fruits secs.

Certaines régions célèbrent également le Yennayer à travers des jeux de déguisement où les enfants passant de maisons en maisons et demandent des beignets (Sfenj) ou des feuilles de semoule (lmsemmen).

Dans toutes les régions du Maghreb, la fête du Yennayer est l’occasion de voir sa famille et ses proches et de leur souhaiter ses vœux de prospérité et de bonheur.

Les innovations concernant le Yennayer

Depuis peu des ajouts sur la fête de Yennayer ont été mis en place et ne correspondent pas à l’esprit qui animait celui de nos pères lorsqu’ils célébraient cette fête ancestrale.

Afin de se donner son propre calendrier et sa propre date de commencement, certains ont choisi d’établir le début de l’ère Amazigh à l’accession au trône d’Egypte du roi Berbère Sheshonq 1er qui fondera une puissante dynastie de Pharaons Maghrébins.

En 2020, cela correspondra donc à l’année 2970 or cette innovation est problématique sur deux aspects :

–          Elle dénature l’esprit du Yenayyer que nos parents ont toujours fêté dans la mesure où ils célébraient un temps agricole nouveau et en aucun cas l’accession au trône d’un Pharaon Maghrébin qu’ils ne connaissaient pas.

–          Limiter le commencement de l’ère Berbère à l’année 2970 alors que les Imazighen occupent l’Afrique du Nord depuis la Préhistoire (il y a 20 000 ans) est selon nous réducteur

En tous les cas chacun est libre d’apporter des ajouts à la fête du Yennayer, car la culture est une chose qui évolue. Mais respectons les traditionalistes qui souhaitent rester dans l’esprit premier du Yennayer.

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