SERIE – EPISODE 3 : Les femmes Maghrébines qui ont marqué l’histoire

Fatma N’soumer (1830 – 1863) : une femme d’honneur et une chef d’armée hors pair

Née en 1830 en Algérie, dans la région de Kabylie, elle est issue d’une lignée de nobles connus pour leur piété et leur attachement à l’Islam. Son père est le chef d’une importante école coranique de la région. De son vrai nom Fatma Sid Ahmed, elle suscitera l’admiration même dans le camp de ses ennemis.

Jeune fille, elle décidera de rejoindre l’un de ses frères, le dénommé Si Mohand Tayeb qui dirigeait une école Coranique dans la vallée de N’soumer. C’est à cette époque qu’elle se distinguera par son étude assidue du Coran et l’aide des nécessiteux et des enfants de la vallée.

Un jour, elle convoqua les notables des villages aux alentours, pour leur faire part d’un rêve étrange qui occupe ses nuits depuis des semaines : des hordes d’ennemis venant exterminer leur tribu ! Ces rêves vont se révélés justes avec l’arrivée de l’armée française quelques mois après.

En 1849, une résistance armée se met en place en Kabylie contre la colonisation française qui gagne du terrain. Fatma N’soumer entre dans la résistance avec son frère, le courageux Sidi Tahar pour diriger une unité d’élite de soldats, les Imseblen. A cette époque elle n’a que 24 ans mais un courage impressionnant.

Cinq ans plus tard, Fatma N’soumer remporta une victoire éclatante contre la puissante armée française à Tazrouk lors d’une terrible bataille qui durera deux mois. Suite à cette bataille les troupes françaises sont vaincues et se retirent de toute la Kabylie qui reste indépendante et libre. On l’appelait désormais « Lalla Fatma », par signe de respect et d’admiration.

D’autres batailles auront lieu et se soldant par des pertes importantes dans les rangs français. Durant ces années de résistance, Fatma N’soumer usa de son éloquence pour unifier les différentes tribus de Kabylie sous la même bannière et organisa la collecte des denrées alimentaires pour son armée. Son frère, le grand Sidi Tahar, savant religieux et résistant, était aussi brave que sa sœur. Son corps était couvert de cicatrices de guerre et sur le champ de bataille il se distinguait par sa bravoure. Il tomba d’ailleurs en martyr en pleine bataille.

L’ensemble de ces victoires fut possible également par l’héroïsme des chefs de tribus berbères qui ont répondu à son appel. Les généraux français vont même jusqu’à demander une trêve !

En 1857, soit après huit années de résistance acharnée contre les envahisseurs, Fatma N’soumer se fit capturer et mourut à l’âge de 33 ans en prison.

Cette femme exceptionnelle donna sa vie pour protéger la terre de ses ancêtres, l’honneur de son peuple et la grandeur de sa culture. Aujourd’hui des écoles et des rues portent son nom. Quel bel exemple à suivre que cette femme enracinée et fière !

Notez bien qu’elle choisit de passer ses plus belles années de jeunesses pour un cause qui dépassait sa personne, chose qui aujourd’hui semble inimaginable dans le monde matérialiste et égoïste que nous connaissons.

Dans le prochain épisode nous parlerons d’une reine Berbère musulmane connue pour sa piété et son influence. Elle fondera une capitale Maghrébine avec son mari, le célèbre Youssef Ibn Tachfine…

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